Alors que Notre-Dame rouvre, Macron reste sur les cendres de l'édifice politique français

Michel Rose - Reuters - 06/12
La réouverture de la cathédrale Notre-Dame, cinq ans après avoir été ravagée par un incendie, était censée être le triomphe d'Emmanuel Macron.
  • Macron présidera la réouverture de Notre-Dame samedi
  • Au moins 35 dirigeants mondiaux, dont Trump, seront présents
  • La réouverture intervient quelques jours après l'effondrement du gouvernement français
PARIS, 6 décembre (Reuters) - La réouverture de la cathédrale Notre-Dame, cinq ans après avoir été dévastée par un incendie, était censée être le triomphe d'Emmanuel Macron.
Le président français a souvent utilisé la reconstruction de Notre-Dame comme une parabole de sa propre fortune, répétant qu'il avait été ridiculisé en 2019 lorsqu'il avait promis de la reconstruire en cinq ans et que, défiant les sceptiques, il avait fait le travail.
Il l'a répété jeudi dans un discours télévisé, affirmant au pays que la réouverture de Notre-Dame était "la preuve que nous pouvons faire de grandes choses, nous pouvons faire l'impossible" et ajoutant: "Nous devons faire de même pour la nation".
Mais alors qu’il accueille samedi plus de 35 dirigeants mondiaux dans ce chef-d’œuvre de l’architecture gothique magnifiquement restauré, Macron se retrouvera sur les cendres du paysage politique français, sans moyen facile de reconstruire ce qui a été démoli.
Aux premiers rangs de la cathédrale, aux côtés de dirigeants mondiaux tels que le président élu américain Donald Trump, se tiendront les membres de son gouvernement intérimaire défait, renversé cette semaine par une alliance ad hoc de législateurs d'extrême droite et de gauche.
Cela laisse la France, seule puissance nucléaire de l'Union européenne, sans gouvernail, au moment où la Russie passe à l'offensive dans sa guerre contre l'Ukraine et où l'Europe peine à faire entendre sa voix dans un contexte de rivalité sino-américaine.
"L'instabilité politique de la France est un problème, notamment pour son influence en Europe", a déclaré Georgina Wright, analyste au groupe de réflexion Institut Montaigne, ajoutant que les partenaires européens s'inquiétaient des apports français en termes d'équipements à l'Ukraine. "C'est au gouvernement d'approuver les dépenses de défense."
Bien que Macron ait fusti...
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