Au Sénégal, l’abrogation de la loi d’amnistie crispe les débats

Clémence Cluzel - LePoint - 05/12
Promesse de campagne du Premier ministre, l’abrogation de la loi d’amnistie de mars 2024, censée offrir justice et réparation aux victimes des crises politiques de 2021-2024, se heurte à des défis juridiques et politiques majeurs.

Pour avoir enregistré un live lors de la convocation de l'ancien opposant, désormais Premier ministre, Ousmane Sonko, au Palais de justice dans le procès pour viol d'Adji Sarr, Taïf Diop est incarcéré pendant 11 mois en novembre 2022 à Dakar. Parmi les quatre chefs d'accusation retenus contre le militant du parti Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (PASTEF) d'Ousmane Sonko, figure la mention « appel à l'insurrection ». Une terminologie largement utilisée pour arrêter, détenir, poursuivre et emprisonner de nombreux Sénégalais, militants politiques ou non, entre mars 2021 et jusqu'à juin 2024. Durant cette période de graves crises politiques, la répression policière causera une soixantaine de morts et des milliers de blessés. Des arrestations arbitraires et des actes de torture seront également recensés par Amnesty International.

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