Au procès de l’assassinat de Samuel Paty : l’antisémitisme, une circonstance aggravante

Émilie Frèche - LePoint - 04/12
L’écrivaine Émilie Frèche, qui suit pour « Le Point » l’intégralité de ce procès, raconte comment Abdelhakim Sefrioui tente d’abord de dissimuler puis de justifier son antisémitisme.

Abdelhakim Sefrioui est interrogé depuis plus de huit heures lorsqu'une avocate des parties civiles se lève et lui demande : « Pensez-vous que Samuel Paty était juif ? Il met dix secondes de trop à répondre, alors elle s'explique : « Je vous pose la question au nom de mes clients, parce qu'elle les hante depuis quatre ans. »

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Ses clients, ce sont les parents de Samuel. Ceux qui lui ont choisi ce prénom et dont je comprends, à cet instant, qu'au-delà de leur immense douleur, ils se demandent aussi si tout ne serait pas de leur faute. Si en baptisant leur fils du nom du dernier des juges d'Israël, fondateur de la première monarchie juive, ils ne l'auraient pas désigné comme appartenant à cette communauté, et, de ce fait, exposé à la haine ancestrale, obsessionnelle et mutante qu'est l'antisémitisme. Une haine qui, sans nul doute, habite Hikram Houmada, la jeune compagne de l'accusé, identifiée dans un rassemblement sauvage d'une vingtaine de personnes devant le Sénat en février 2012, sous la banderole : « Hitler aurait été fier de vous. »

« Je ne me souviens plus de cette banderole, dit-elle à la barre q...
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