Le terminal à conteneurs du port de Beyrouth, objet de convoitise des géants de la mer

LOrientLeJour - 04/11
Alors que le gouvernement veut lancer prochainement l’appel d’offres pour la gestion de ce terminal, très affecté par la crise libanaise, CMA CGM semble avoir pris une longueur d’avance sur ce...

Miroir d’un Liban meurtri par l’explosion dévastatrice du 4 août 2020 et l’effondrement économique et financier, le port de Beyrouth est plongé dans l’incertitude. Aucune décision sur l’avenir de son infrastructure la plus importante, le terminal à conteneurs, n’a encore été prise, sur fond de compétition entre puissances étrangères cherchant à pousser leurs pions.

Le géant français CMA CGM, troisième compagnie maritime mondiale, espère en devenir l’opérateur, en remplacement de la Beirut Container Terminal Company (BCTC), un consortium anglo-libanais constitué avec le soutien financier du président de la banque al-Mawarid, Marwan Kheireddine – dont le nom est récemment apparu dans les « Pandora Leaks ».

Plus de 80 % du transport de marchandises dans le monde se fait par la mer. Au cœur de ce commerce se trouvent les conteneurs standardisés (dont la capacité est mesurée en « équivalents vingt pieds » – EVP), qui représentent désormais 60 % de la valeur de tout le commerce maritime selon la Cnuced et la société de base de données Statista.

À Beyrouth, le terminal à conteneurs génère environ 75 % des revenus du port. Depuis 2004, il est exploité par BCTC, dont le contrat a pris fin début 2020. Le processus d’appel d’offres pour un nouveau contrat est, depuis, au point mort, tandis que celui de BCTC fait l’objet d’un renouvellement trimestriel alors que la situation du port se détériore. Selon une source proche du dossier, le gouvernement de Nagib Mikati exerce une « énorme pression » pour qu’un appel d’offres pour le terminal soit lancé prochainement. CMA CGM – dont les propriétaires, les Saadé, sont franco-libanais – est la seule entreprise étrangère à s’être montrée intéressée par le contrat à ce jour, ajoute-t-elle.

Grandes manœuvres

Les aspirations de CMA CGM pour le terminal à conteneurs du port de Beyrouth ne datent pas d’hier : en 2004, le géant maritime français a perdu un appel d’offres qui l’opposait à un certain nombre d’entreprises internationales, dont le consortium qui allait former BCTC. La victoire de cette dernière a clôturé une période marquée par des années de féroces manœuvres politiques dans le sillage de la tutelle syrienne sur le Liban, voire sur le port. Les décisions relatives aux infrastructures d’importance nationale dans l’après-guerre civile étaient prises à l’abri des regards, notamment via le Comité temporaire de gestion et exploitation du port de Beyrouth (GEPB), formé en 19...
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