Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Allemands ont réalisé un peu tardivement l'impact de la rhétorique des années nazies sur leur pays, les politiciens allemands ont eu pour exigence fondamentale d'être ennuyeux. Les très rares personnalités politiques d’après-guerre dont les discours étaient passionnants à écouter, comme Herbert Wehner ou Franz Josef Strauss, ont suscité une suspicion généralisée, notamment parce qu’ils n’étaient pas disposés à suivre ce précepte fondamental. Angela Merkel, chancelière fédérale et chef du gouvernement allemand de 2005 à 2021, a eu l’intelligence d’y adhérer pleinement.
La monotonie de ses déclarations politiques est fidèlement reproduite dans ce volume de mémoires. Dans l'ensemble, les souvenirs de Merkel, assistés par son co-auteur (son proche alliée de longue date et assistante personnelle Beate Baumann), sont impressionnants, même si j'ai repéré une erreur assez flagrante, lorsqu'elle affirme que Willy Brandt, chancelier ouest-allemand au fin des années 1960 et début des années 1970, il exhortait ses compatriotes à « oser plus de liberté » ; ce qu'il a en fait dit, c'est qu'ils devraient « oser plus de démocratie ». Le livre a été traduit en anglais américain par une équipe de pas moins de huit traducteurs, restés fidèles à la prose pl...
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