Malvenu en Allemagne, le PDG d'UniCredit s'attaque à l'Italie

John O'Donnell - Reuters - 29/11
Quelques jours seulement avant que le PDG d'UniCredit, Andrea Orcel, ne se tourne vers une acquisition en Italie, de nouvelles preuves sont apparues d'une résistance farouche à son intérêt pour la banque phare allemande Commerzbank.
  • UniCredit se heurte à la résistance des élites économiques allemandes face à l'offre de Commerzbank
  • Orcel se concentre sur Banco BPM avec une offre de 10 milliards d'euros
  • Le rachat de Commerzbank est désormais remis en question
  • Allemagne : craintes d'une répétition du scénario HVB
MUNICH/FRANCFORT/MILAN, 29 novembre (Reuters) - Quelques jours seulement avant que le PDG d'UniCredit, Andrea Orcel, ne se tourne vers une acquisition en Italie, de nouvelles preuves sont apparues d'une résistance farouche à son intérêt pour la banque phare allemande Commerzbank.
Un groupe de clients appartenant à l'élite du monde des affaires allemand a plaidé auprès du PDG de Commerzbank pour qu'il rejette l'accord, selon des personnes impliquées dans la réunion au siège de la banque à Francfort, soulignant l'ampleur de l'opposition.
Ils ont prévenu que la deuxième banque allemande connaîtrait le même sort que la banque bavaroise HVB, rachetée par UniCredit en 2005, puis restructurée et réduite.
Lundi, Orcel s'est concentré sur son marché intérieur en proposant une offre de 10 milliards d'euros sur son rival italien Banco BPM, affirmant que cette opération aurait préséance sur toute éventuelle opération sur Commerzbank.
Orcel avait pris l’establishment allemand au dépourvu en constituant discrètement une participation substantielle dans le prêteur allemand.
Son annonce en septembre a suscité des réactions négatives de la part des politiciens, de l’industrie et des syndicats.
Ils ont mis en garde contre les pertes d'emplois potentielles et les effets néfastes qu'une OPA pourrait avoir sur les prêts aux petites et moyennes entreprises, ou Mittelstand, l'épine dorsale de la plus grande économie européenne, même si certains lobbies se sont montrés plus prudents.
Certains en Allemagne, dont le ministre des Finances Jörg Kukies, considèrent son offre comme quasiment morte, et le changement d'orientation d'Orcel a été accueilli avec un soulagement réservé à la Commerzbank, selon des personnes proches du raisonnement de la banque.
Orcel n’est peut-être pas encore prêt à jeter l’éponge. Le négociateur accompli se prépare à une bataille en Allemagne qui pourrait prendre plusieurs mois, selon une personne proche de sa pensée. Un achat plus modeste en Italie pourrait permettre à UniCredit de continuer à avancer tout en travaillant sur des prises plus importantes.
La résistance reste cependant forte.
Ulrich Grillo, l'un des dirigeants présents à la récente réunion de la Commerzbank, qui dirige le fabric...
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