Manque d’oxygène en altitude : les dangers révélés par une étude scientifique

Doctissimo - Doctissimo - 26/11
Des chercheurs de l'Inserm ont découvert comment l’hypoxie affectait le système vasculaire de certains habitants résidant à 5300 mètres d'altitude.
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    Publié le 26/11/2024 à 14h16 , mis à jour le 26/11/2024 à 14h16
    Lecture 3 min.
    Louise Ballongue Rédactrice web

    Depuis 2019, une équipe de chercheurs s’intéresse aux conséquences de la restriction en oxygène sur la santé. Etudiant dans la ville la plus haute du monde au Pérou, ils ont découvert comment l’hypoxie affectait le système vasculaire.

    Sommaire
    1. En altitude, les artères et vaisseaux sont dilatés en permanence
    2. L'hypoxie, un phénomène courant en montagne
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    L’hypoxie, vous connaissez ? Il s'agit d'une carence en oxygène dans un tissu ou un organe. Une insuffisance presque banale pour les habitants de la Rinconada - une ville extraordinaire perchée à 5300 mètres d'altitude - mais qui n'est pas sans conséquences sur leur santé (et la vôtre, si vous partez bientôt faire du ski).

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    En altitude, les artères et vaisseaux sont dilatés en permanence

    Pour mieux comprendre les effets du manque d’oxygène sur l'organisme des habitants, une équipe de recherche de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes et du CHU Grenoble Alpes a mené l'enquête au Pérou.

    Lors de cette mission, les chercheurs se sont intéressés aux effets de l’hypoxie sévère sur le système vasculaire. Ils ont recruté 94 personnes adultes et ont mesuré, grâce à des techniques d’imagerie et à des échantillons sanguins, "la réactivité de leurs vaisseaux sanguins", c’est-à-dire leur capacité à se contracter ou à se dilater face à des stimuli extérieurs.

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    De manière plus précise, ils ont mesuré la réactivité du système vasculaire à la fois sur les grosses artères (macrocirculation) et les petits vaisseaux sanguin (microcirculation cutanée) sur des populations péruviennes vivant à différents niveaux d’altitude, dont des habitants de la Rinconada.

    Résultat ? Chez les personnes vivant en haute altitude, autrement dit chez celles qui vivent de façon permanente en situation d’hypoxie sévère, les artères et les vaisseaux étaient dilatés en permanence, "diminuant ainsi leur capacité à se dilater de façon additionnelle en réponse à un stimulus".

    "Les résultats obtenus témoignent à la fois d’une forme d’adaptation de l’organisme de ces habitants à une situation d’hypoxie permanente (on parle aussi d’hypoxie chronique) mais également de l’atteinte de certaines limites de tolérance à l’hypoxie sévère de haute altitude, pouvant mener à des complications de santé (hypertension artérielle ou insuffisance cardiaque)", révèle le communiqué de l'Inserm.

    Les scientifiques ont également identifié une "augmentation du statut inflammatoire des habitants avec l’altitude", et notamment du "stress oxydatif", causé par un déséquilibre entre les radicaux libres produits par la cellule et les antioxydants. Des découvertes majeures, qui apportent un éclairage précieux sur les mécanismes d'adaptation de l'organisme.

    "Cette étude nous permet de décrire pour la première fois une cascade de mécanismes présents chez les personnes en situation d’hypoxie chronique, de la réponse inflammatoire à ses effets sur le système vasculaire", explique Julien Brugniaux, enseignant-chercheur à l’Université Grenoble Alpes. "Ces résultats nous autorisent de façon plus large à mieux comprendre les réactions de notre organisme face au manque d’oxygène et notamment les effets de ces situations sur notre fonctionnement vasculaire", poursuit-il.

    Grâce à ces travaux, les chercheurs remplissent leur double objectif : celui d’aider les populations locales en leur proposant des soins médicaux adaptés, mais aussi de mieux comprendre les mécanismes à l'œuvre en cas d’hypoxie, comme c’est le cas dans de nombreuses maladies cardiovasculaires et respiratoires.

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    L'hypoxie, un phénomène courant en montagne

    Plus nous montons en altitude, plus l’apport en oxygène à notre corps diminue. Le corps se retrouve donc exposé à ce manque d'oxygène dès 1500-2000 mètres... et les effets sur le corps ne tardent pas à se faire ressentir.

    Maux de tête, fatigue, nausées, vomissements, perte d'appétit, irritabilité, et dans les cas plus graves, un essoufflement peuvent se manifester, souvent à l'effort (lors d'une descente en ski, par exemple).

    "La plupart des personnes peuvent monter jusqu’à 1500 à 2000 mètres en un jour sans problèmes, mais environ 20 % des personnes qui montent jusqu’à 2 500 mètres et 40 % de celles qui montent jusqu’à 3000 mètres présentent une forme quelconque du mal des montagnes (déficit en oxygène ressenti en haute altitude)", confirme le Manuel MSD.

    "Les symptômes peuvent inclure un essoufflement, des maux de tête et des nausées". Des signes à ne pas négliger car si l’on poursuit son ascension, le mal de tête devient sévère et une toux sèche, des difficultés à respirer, des troubles de la conscience et des vomissements peuvent s’ajouter.

    En cas d'hypoxie, comment réagir ? "Une descente à plus basse altitude devient urgente à ce moment-là" estime le médecin. "Sinon, il peut s’ensuivre de très graves accidents comme un œdème pulmonaire, mortel en quelques heures, ou un coma". La prise de médicaments et/ou un apport d’oxygène peuvent également s'avérer nécessaires. 

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