Bronchiolite : le Beyfortus jugé trop peu remboursé. Comment l'expliquer ? Le Dr Andreas Werner nous répond

Doctissimo - Doctissimo - 22/11
Le Beyfortus, traitement anti-bronchiolite, n'est remboursé qu'à 30% en France. Une restriction "inacceptable" selon la communauté pédiatrique.
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    Publié le 22/11/2024 à 15h14 , mis à jour le 22/11/2024 à 15h14
    Lecture 2 min.
    Louise Ballongue Rédactrice web
    en collaboration avec Andreas Werner (pédiatre)

    Validation médicale : 22 novembre 2024
    Andreas Werner pédiatre

    Alors que les premiers cas de bronchiolites graves ont été admis dans les services de soins intensifs, le Beyfortus n'est remboursé qu'à 30% sur le territoire français. Une restriction "inacceptable" selon la communauté pédiatrique.

    Sommaire
    1. Un traitement remboursé à hauteur de 30%
    2. Comment expliquer une telle décision ?
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    300 euros. C'est la somme restant à votre charge si votre mutuelle ne vous rembourse pas la totalité ou une partie du Beyfortus, ce médicament préventif qui diminue le risque d'infection à VRS chez les enfants. Un montant qui n'est pas du goût de tout le monde : les principales organisations de pédiatres français jugent le remboursement du traitement bien trop faible.

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    Un traitement remboursé à hauteur de 30%

    Pour limiter l’épidémie de bronchiolite et son impact dans les services de soins intensifs, le gouvernement a lancé en septembre 2023 une campagne d’immunisation préventive avec le Beyfortus, un anticorps monoclonal nirsevimab proposé en une seule injection.

    Une initiative remarquée, et félicitée, mais qui ne fait plus l'unanimité aujourd'hui. En effet, ce traitement destiné à immuniser les bébés contre le virus de la bronchiolite, "n'est pas assez remboursé, poussant de nombreux parents à y renoncer", souligne France info.

    "Restreindre l’accès à ce médicament en limitant son remboursement apparaît inacceptable pour les sociétés savantes de pédiatrie, qui estiment qu’il est primordial, d’un point de vue éthique et de santé publique, de protéger tous les nourrissons et nouveau-nés, y compris les plus précaires et les plus vulnérables", ont affirmé les principales organisations de pédiatres français dans un communiqué.

    En effet, la communauté pédiatrique s’alarme "des difficultés d’accès à l’anticorps monoclonal anti-VRS nirsevimab (BEYFORTUS®) rapportées par de nombreuses familles, incapables de payer le ticket modérateur qui leur reste à charge (environ 300 euros, puisque le nouveau médicament n’est remboursé cette année qu’à 30%), et que plusieurs mutuelles ne remboursent pas ou partiellement", poursuivent-elles.

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    Une décision, qui repose sur l’évaluation par la commission de transparence de la HAS, qui considère "l’amélioration du service médical rendu comme mineure", et ce, malgré les résultats positifs obtenus la saison dernière.

    Comment expliquer une telle décision ?

    Selon le Dr Andreas Werner, pédiatre allergologue, ce taux de remboursement très faible est intimement lié à l'évaluation de la HAS.

    "Or, 4 à 5% des Français n'ont pas de mutuelle", regrette-t-il, et il arrive souvent que les nouveaux-nés "ne soient pas encore sur la mutuelle d'un des parents dès leur naissance". Résultat ? "Tous les parents ne peuvent pas avancer une telle somme", déplore le médecin qui souligne pourtant que "le Beyfortus a complétement changé l'état de la bronchiolite en France. Il y a deux ans, c'était une catastrophe, aujourd'hui l'épidémie est bien plus maîtrisable. Il s'agit d'un grand progrès pour les jeunes enfants, qui sont en prime mieux protégés".

    Un avis que partage le Dr Gérald Kierzek.

    "Le faible remboursement vient de la discordance entre le SMR (Service médical rendu) qualifié par la HAS de modéré (et basé sur les études scientifiques) et la campagne de communication présentant le Beyfortus comme miracle. On peut également citer, en parallèle, le problème des patients sans mutuelle".

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