Quel français pour le Québec de 2024?

Benoît Melançon - Le Devoir - 16/11
«Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler», a observé André Belleau.

Une fois par mois sous la plume d’écrivains, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des oeuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec, en collaboration avec Le Devoir.

Quand il est question de langue, le gouvernement de François Legault n’en est pas à un paradoxe près. Ses ténors ne cessent de déplorer un supposé « déclin » du français au Québec. L’immigration pourrait-elle aider à le freiner ? Ils préfèrent transformer cet enjeu en un épouvantail électoral. Ne faudrait-il pas investir en francisation ? Les coupes budgétaires récentes montrent que leurs priorités sont ailleurs. La diversité linguistique n’est-elle pas une richesse collective ? Ils s’inquiètent de la langue que les citoyens parlent à la maison.

Pareilles politiques sont toutes fondées sur un lien censé être naturel entre la défense du français et celle de la nation. L’oeuvre essayistique d’André Belleau (1930-1986) rappelle que les choses ne sont pas aussi simples.

Professeur et essayiste

Dans le paysage intellectuel québécois, le parcours de Belleau peut étonner. Avant de devenir professeur au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal en 1969 et d’être reconnu comme essayiste durant les années 1980, il a été fonctionnaire pour le gouvernement du Canada.

Comme professeur, Belleau s’est consacré essentiellement à deux grands chantiers : la littérature française de la Renaissa...
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