Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.
Les républiques sont-elles mortelles ? C’est la question que posait l’historien américain Edward J. Watts dans un essai sur la chute de la République romaine au Ier siècle avant notre ère, paru en 2018. Le titre de cet ouvrage est révélateur du climat politique qui prévalait aux États-Unis, alors à mi-mandat de la présidence de Donald Trump.
L’histoire est toujours fille de son temps, comme nous le rappelait Fernand Braudel, et ce livre traduisait les inquiétudes de l’historien devant les dérives d’un certain populisme qui semblaient faire écho à un passé bien plus lointain.
La question que posait Watts n’était pas dénuée d’intérêt, puisque la Rome antique fait partie du référentiel politique américain depuis l’époque des Pères fondateurs. Elle marque le paysage urbain des capitales américaines par la présence de leurs parlements baptisés « capitoles » (lointaine référence à la colline romaine qui abritait le temple de Jupiter), tout comme elle a laissé son empreinte dans la toponymie du pays (pensons à Cincinnati, qui évoque la figure de l’un des grands héros de l’histoire romaine).
Selon la période sur laquelle on décide de tourner le regard, Rome a tantôt servi de modèle idéal, tantôt de repoussoir. Elle a surtout se...
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