La période de post-partum reste une période complexe pour les jeunes parents. Une étude récente du Laboratoire Gallia révèle les émotions ambivalentes et les besoins d'accompagnement des Français(es) après la naissance de leur enfant.
Comment les Français et Françaises vivent-ils l’arrivée d’un enfant ? Quels sont leurs besoins et attentes ? C'est pour tenter de répondre à toutes ces questions que le Laboratoire Gallia, a mené une nouvelle étude sous forme de baromètre, réalisée par OpinionWay auprès de 432 parents ayant des enfants de 2 ans ou moins.
Premier enseignement du baromètre Laboratoire Gallia 2024 : "les parents, tous sexes confondus, déclarent cette année avoir éprouvé autant de joie (50%) que d’épuisement (50%) face à l’arrivée de leur nouveau-né".
Et pour cause : entre les courtes nuits, les biberons à donner, les couches à changer et le nouvel écosystème familial à réinventer, les parents sont bien souvent submergés. L’épuisement physique, psychologique et émotionnel touche d'ailleurs près de 9 parents sur 10, confirmant la difficulté de cette période.
Ils sont ainsi 48% à se dire "isolés", 37% à être "fatigués", 30% à "manquer de temps (pour soi)", 29% à trouver difficile "la reprise du travail". Ils sont aussi près d'un tiers (28%) à évoquer comme principales difficultés les pleurs du bébé, 26% à mettre en lumière les obstacles liés à l'allaitement et 25% à s'inquiéter de la santé de leur nouveau-né.
De nouveaux questionnements peu évidents, mais fréquents, affirme Christèle Albaret, psychosociologue et fondatrice de la Clinique E-Santé.
"Ce mélange d’émotions positives et négatives est normal et reflète l’ampleur de la parentalité. Devenir parent, c’est un équilibre délicat entre les hauts et les bas. L’épuisement post-partum se manifeste alors sous trois formes : physique, psychologique et émotionnel. L’épuisement physique se traduit par une fatigue intense et un manque d’énergie, ressenti dans chaque muscle. L’épuisement psychologique est plus diffus, créant un brouillard mental et une surcharge cognitive. L’épuisement émotionnel, quant à lui, touche les émotions, provoquant tristesse, frustration et colère", détaille-t-elle.
Autre constat phare du baromètre : 97% des parents souhaitent être davantage accompagnés lors de cette période. En effet, s’ils se considèrent aujourd’hui suffisamment épaulés par leurs amis (84%) et conjoints (82%) ; près d’un tiers des parents restent néanmoins en demande d'un "soutien psychologique" accru et d’un "meilleur accompagnement des professionnels de santé" (30%).
Les mères semblent tout particulièrement réceptives à cette forme de soutien, et actives, puisque 28% d’entre elles ont déjà fait appel à un psychologue (contre 7% des pères) et 27% ont rejoint des groupes de soutien (contre 13% des pères).
Ils sont également près de 50% à désirer un allongement du "congé parental" et 37% à souhaiter bénéficier d'une aide "pour des services au quotidien (ménage, repas)".
"Les données révèlent un écart entre ce que les parents attendent et le soutien qu’ils reçoivent. L’aide des amis et de la famille est précieuse, mais souvent limitée par le manque de temps et de ressources. Chaque famille a des besoins différents, il faut penser à des formes d’accompagnement qui tiennent compte de la pluralité des réalités familiales", révèle encore Christèle Albaret.
Bonne nouvelle pour tous les parents épuisés : la parole semble s'être (enfin) libérée. La sensibilisation au post-partum a progressé, notamment grâce aux podcasts sans filtres (Bliss...), campagnes nationales ou impulsées par des marques engagées, réseaux sociaux, émissions dédiées...
Et les chiffres le prouvent : 77% des parents considèrent que la sensibilisation a "fortement progressé" en France, une amélioration particulièrement ressentie cette année pour 59% d’entre eux. Ils affirment que parler du post-partum leur permet de :
"Une sensibilisation qui initie des discussions, continue de briser les tabous et apporte un réel "mieux-être" aux principaux concernés", confirme l'étude.
En partageant leurs expériences autour de la parentalité, les jeunes pères et mères contribuent aussi à casser l'image "de la parentalité idéale, lisse et parfaite", ajoute en conclusion Christèle Albaret, psychosociologue. Une sacrée (belle) révolution !