Koush, le royaume perdu des pharaons noirs

National Geographic - 22/10
Entre ces pyramides élancées s’est un jour tenue Méroé, ville prospère du Nil et siège du royaume nubien de Koush, que l’Égypte craignait.

Quelque part dans l’actuel Soudan languissent des pyramides tendues vers le ciel. Elles se tiennent à l’endroit où se trouvait l’ancienne ville de Méroé, désormais inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Centre d’une civilisation puissante, Méroé était la capitale du royaume de Koush, dont la culture a prospéré pendant des siècles. L’architecture souveraine et les œuvres d’art qu’elle laisse derrière elle sont les témoins immuables de la majesté des rois et des reines nubiens.

Enfouie dans les sables du désert sur une rive du Nil, la civilisation nubienne façonne le destin de l’Égypte à partir du 8e siècle av. J.-C. et en devient même la 25e dynastie à la Basse période. Après leur chute, les pharaons nubiens battent en retraite au sud de l’Égypte pour former le royaume de Koush, qui va fleurir dans un isolement splendide pendant que le reste de l’Égypte subira les assauts répétés des Assyriens, des Perses et des Grecs.

 

L'étonnante richesse du royaume de Koush

Grâce à l’éloignement de Méroé, les Koushites parviennent à préserver leur indépendance jusqu’au milieu du 4e siècle de notre ère et laissent libre cours à leur pratique toute personnelle de la culture et de la religion égyptiennes. Les Méroïtes ont accès à des mines et à leur minerai et ce sont des orfèvres exceptionnels. Ils bâtissent des temples, des palais et des bains royaux dans leur capitale. Les 200 pyramides érigées à Méroé sont peut-être leur prouesse la plus grande (le Soudan compte de fait plus de pyramides que l’Égypte entière). Élevées, élancées, gracieuses : ces monuments témoignent de la splende...
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