Martinique : derrière la vie chère, des tensions socio-identitaires

France Guyane - 18/10
«Les békés font la loi» : ce cri du cœur d'une Martiniquaise, qui a du mal à joindre les deux bouts, résume les tensions socio-identitaires que traverse la Martinique, île des Caraïbes colonisée par la France en 1635 et toujours marquée par son passé esclavagiste.

Sur les sept groupes de la grande distribution, au cœur des critiques du mouvement contre la vie chère, trois des quatre premiers sont détenus par des békés, ces Martiniquais blancs créoles descendants de colons propriétaires d'esclaves. Le premier groupe du secteur, GBH, fondé par Bernard Hayot cristallise les critiques. "Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit", répète, en privé, Bernard Hayot pour justifier la discrétion de la famille dont la fortune est estimée à 300 millions d'euros par le magazine Challenges, 431e des 500 plus riches de France.

Sur le papier, son parcours ressemble à une success-story, d'un élevage de poulets en 1960 à GBH, groupe aux multiples activités, dont l'automobile, avec un chiffre d'affaires estimé à environ trois milliards d'euros. "Bernard Hayot, avant d'être un béké, c'est un chef d'entreprise, c'est un capitaine d'industrie", assure à l'AFP Emmanue...
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