La maladie d’Alzheimer n’a pour l’heure, aucun traitement curatif. Mais la recherche avance et des scientifiques anglais annoncent la découverte d’un traitement capable de prévenir l’agrégation des protéines Tau, responsables des symptômes cognitifs chez les malades. Une découverte qui fonctionne sur la mouche drosophile, pour le moment.
D’après les chiffres de l’Institut Pasteur, il y aura plus de 80 millions de malades d’Alzheimer à travers le monde en 2030, chiffre qui pourrait atteindre les 150 millions en 2050, si les chercheurs ne découvrent pas de traitement curatif de la maladie. Les choses seront peut-être différentes, avec l'annonce de la découverte d'un potentiel futur traitement par une équipe de scientifiques de Lancaster, en Angleterre.
Les chercheurs se sont intéressés à l’accumulation de la protéine Tau, qui déclenche l’apparition des troubles cognitifs chez le sujet touché. Chez le sujet sain, cette protéine joue un rôle important dans la structure et le maintien des neurones.
Mais dans le cerveau du malade d’Alzheimer, la protéine dysfonctionne et fait de longues torsades. Cela crée des enchevêtrements neurofibrillaires qui obstruent les neurones et les empêchent de recevoir les nutriments et les signaux nécessaires à leur survie. Ce qui engendre les symptômes de la maladie.
En l’étudiant chez la mouche drosophile, les scientifiques ont découvert qu’il existait deux "points chauds" (également appelés hotspots) spécifiques de la protéine Tau où cette agrégation a tendance à se produire. A partir de ce constat, les scientifiques ont mis au point un médicament, un inhibiteur peptidique nommé RI-AG03. Objectif : cibler ces points chauds, afin de contrer l’apparition des troubles cognitifs.
Résultat : le traitement a permis d’inhiber la neurodégénérescence et à prolonger la vie des mouches de deux semaines : "une prolongation significative compte tenu de la durée de vie de ces insectes" explique les chercheurs dans un communiqué.
"Il existe deux régions de la protéine Tau qui agissent comme une fermeture éclair pour lui permettre de s'agréger. Pour la première fois, nous disposons d'un médicament qui inhibe efficacement ces deux régions. Ce mécanisme de double ciblage est important, car il s'attaque aux deux domaines qui stimulent l'agrégation de la protéine Tau, ce qui pourrait ouvrir la voie à des traitements plus efficaces pour les maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer" détaille le co-auteur de ce travail, Amritpal Mudher, professeur ...
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