Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°932, daté octobre 2024.
Ce sont donc 1935 grammes de roches et de fines poussières que la mission chinoise Chang'e 6 a rapportés en juin de la Lune. Une nouvelle prouesse du programme d'exploration lunaire de la Chine, qui depuis 2007 a réalisé quasiment un sans-faute pour placer ses engins spatiaux autour de l'astre sélène, faire alunir ses sondes robotisées et collecter des échantillons.
"Cette suite de succès, tout à fait exceptionnelle, témoigne des remarquables capacités de la Chine dans le développement et la maîtrise des technologies spatiales ", salue Francis Rocard, responsable du programme d'exploration du Système solaire au Centre national d'études spatiales (Cnes). Mais les morceaux de Lune collectés par Chang'e 6 présentent cette fois un immense intérêt scientifique.
Ils ont été recueillis sur la face cachée de notre satellite naturel : celle qui demeure en permanence du côté opposé à la Terre et reste encore très énigmatique. "Jusqu'à présent, seuls des fragments de la face visible avaient pu être rapportés par les programmes américain Apollo et soviétique Luna il y a une cinquantaine d'années et en 2020 par la sonde chinoise Chang'e 5 ", rappelle Francis Rocard. C'est donc une grande première !
Grâce à ce butin inédit, les planétologues espèrent avoir une vision plus complète de l'histoire et de la géologie de la Lune. Et comprendre, en particulier, pourquoi les faces visible et cachée sont si différentes, l'une apparaissant plutôt lisse et emplie de "mers lunaires" de couleur sombre, tandis que l'autre, beaucoup plus claire et couverte de hauts-reliefs, en est quasiment dépourvue.
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