« Halloween Kills », « Venom 2 » : pop culture, morne plaine

Philippe Guedj - LePoint - 21/10
En salle ce 20 octobre, ces deux suites affligeantes symbolisent le triste état d’un certain cinéma pop-corn américain voué à s’autocannibaliser. Au secours !

Le public américain continue de faire des yeux de Chimène aux franchises moisies. Tel est le triste constat des récents chiffres mirifiques des lamentables Halloween Kills et Venom: Let There Be Carnage. Suites respectives de Halloween et Venom – prototypes déjà peu brillants sortis en 2018 – ces deux super-navets font le plein de spectateurs outre-Atlantique. En ces temps de pandémie si cruels pour les salles, il y a certes toujours de quoi se réjouir des 50 millions de dollars de recettes au box office américain pour Halloween Kills lors de son premier week-end (le 15 octobre) et des 90 millions ( !) engrangés par Venom: LTBC à son lancement, deux semaines plus tôt. L’un comme l’autre ont écrasé toute concurrence en fin de semaine et, avec les marchés internationaux, HK s’envole à 57 millions de dollars de chiffre d’affaires, tandis que Venom: LTBC s’est envolé au-delà des 285 millions. L’un comme l’autre seront des business rentables au centuple pour leurs studios respectifs (Universal et Sony), ils engendreront à leur tour de probables suites tout aussi désolantes et les candides s’épuiseront à maugréer sur le piétinement d’une certaine pop culture chère à leur cœur, jadis pourtant si féconde, aujourd’hui exsangue.

« Une certaine » : la précision est importante parce qu’ailleurs, le bilan n’est pas si désespérant. De Suicide Squadà Dune en passant par l’inédit The Green Knight ou Zack Snyder’s Justice League et aussi d’excellentes séries télé (au hasard : Invincible sur Amazon, Sermons de minuit sur Netflix, Fondation sur Apple TV + ), le système laisse encore s’élever plusieurs voix créatives et audacieuses au rayon de l’imaginaire,...
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