Avec Steven Spielberg, Martin Scorsese, Clint Eastwood et quelques rares autres, Francis Ford Coppola est un membre sûr du prestigieux club des plus grands réalisateurs américains des années 1970 encore en activité. Depuis son tout petit premier long-métrage officiel Dementia 13 (1963) jusqu'à Megalopolis (2024) en passant par Le Parrain, Le Parrain 2, Conversation secrète, Apocalypse Now, Outsiders ou encore Dracula, ses soixante ans de carrière ont été criblés de haut et de bas, de flamboyantes victoires et autant d'abyssaux échecs.
Il a perdu la raison avec l'épopée Apocalypse Now, sa chemise avec le désastre Coup de cœur, son fils aîné Gian-Carlo en plein tournage de l'intimiste Jardins de pierre… Au gré de ses succès et de ses revers, il a créé, fermé, recréé encore son utopie de toujours, le studio-laboratoire Zoetrope, inspiré des générations entières de cinéastes, engrangé et dilapidé des millions, bouleversé nos vies de spectateurs… Son existence est une tempête, un cyclone, une course permanente contre la montre et, d'ailleurs, avec la famille, l'obsession du temps est l'autre grand axe de la filmographie du maître*.
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Nous l'avons passionnément arpentée de nouveau pour ce classement qui, on l'espère, ne vous laissera pas indifférent tout du long, y compris pour l'élu de la plus haute marche du podium ! Dernière précision : très influencé en cela par son ex-disciple George Lucas, Coppola n'a eu de cesse ces 25 dernières années de revoir et corriger les montages de ses œuvres les plus emblématiques – sans même parler de l'horrible version minisérie télé Le Parrain, remontée par Coppola en 1977 à partir des deux premiers films, pour une diffusion sur NBC. Francis le chirurgien fou a ainsi rallongé-modifié plus ou moins partiellement (ou défiguré c'est selon) les traits d'Apocalypse Now (quatre montages à ce jour, dont l'ultime Final Cut en 2019), Outsiders, Cotton Club, Le Parrain 3, Coup de cœur et même Dementia 13 tout récemment ! Par pitié, Dr Francis, pas de version de trois heures pour Jack !
Adaptation d'une comédie musicale montée à Broadway en 1947, ce second film réalisé pour Warner Bros.-Seven Arts par Francis Ford Coppola a très mal vieilli. Il dit avoir accepté le projet parce qu'il pensait que cela ferait plaisir à son père qui l'avait emmené voir la pièce à New York 20 ans plus tôt. Et l'a tourné à 29 ans après son apprentissage chez le pape de la série B, Roger Corman. Mais le barbu n'en garde pas un bon souvenir. Il a complètement renié le film. C'est une sorte de conte de fées dans lequel un vieil immigrant irlandais (un Fred Astaire rouillé de 69 ans) débarque avec sa fille (la pop star britannique Petula Clark) dans un village du Kentucky sous le joug d'un sénateur raciste et véreux (Keenan Wynn). Il s'agit du dernier film musical de Fred Astaire, qui dérobe ici un trésor à… un lutin !
Les intermèdes musicaux avec le danseur sont pénibles (les chansons sont écrites par le parolier du Magicien d'Oz). Et l'ensemble est d'un kitsch épouvantable. Cette fable ressemble à une version dégénérée du Brigadoon (1954) de Vincente Minnelli. Bref, Coppola n'a jamais eu beaucoup de chance avec les comédies musicales, comme l'a confirmé par la suite son film Coup de cœur (One from the Heart, 1982), un désastre financier qui a provoqué la faillite de son studio indépendant American Zoetrope (voir plus bas).
En 1989, Touchstone Pictures, une filiale de Walt Disney, a donné carte blanche à trois ténors du cinéma, Francis Ford Coppola, Woody Allen et Martin Scorsese, pour signer un film à sketches qui prend pour cadre la ville de New York. Au final, cette addition de talents n'a pas été à la hauteur des espérances qu'elle a suscitées. Et le segment de Coppola, La Vie sans Zoé, est le plus raté ! Trente-cinq minutes de néant ! Coécrit par Francis et sa fille Sofia, ce moyen-métrage suit Zoé, une « pauvre petite fille riche » âgée de 12 ans qui mène une existence dorée dans un palace.
Ses parents pleins aux as sont toujours en vo...
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