Jean-Jules Richard et l’implacable accablement de la guerre

Publié à 0h00 Le Devoir de... - Le Devoir - 21/09
Revenir à «Neuf jours de haine» permet de rappeler à quoi peuvent conduire le sectarisme, l’intolérance et le fanatisme.

Une fois par mois sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter des oeuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise à la lumière de l’actualité. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.

Malgré l’écoeurement qu’elle provoque tout naturellement, la guerre est souvent présentée de telle manière qu’elle a une portée presque lyrique. On lui octroie un souffle épique et nombre de films, par exemple, en font la démonstration depuis les débuts du cinéma. Les discours lénifiants, malgré leur sobriété, comme on a pu en entendre lors du 80e anniversaire du débarquement de Normandie, évitent souvent de signaler frontalement ce qu’elle signifie : les humiliations, la torture, le viol, la peur inlassable, la famine, la perte de ce qui est cher aux gens, c’est-à-dire leurs biens volés ou disparus, et les morts, bien sûr les morts. On préfère mettre l’accent sur ceux qui, grâce à leur courage, ont permis de sauver la civilisation.

Évidemment, dans le cas de la Seconde Guerre mondiale, dont on célébrait un événement marquant l’été dernier, la distinction entre le bien et le mal paraît facile, même s’il y aurait lieu de discuter longuement de ce manichéisme rapid...
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