2024, mauvaise année pour les céréaliers français. On risque de faire la plus mauvaise moisson depuis 40 ans. Deux causes conjuguées, dues à l’excès de pluies : en raison des intempéries, on a semé moins de surfaces et les rendements ont été faibles. Quelles seront les conséquences en chaîne ? Pour les agriculteurs, mais aussi les éleveurs, les industriels et les consommateurs, en France… et en Afrique ? En fait, les incidences seront quasi nulles pour les consommateurs, car la récolte mondiale sera, elle, excellente ! Le vrai problème : comment faire pour moins dépendre à l’avenir des caprices du climat et des conséquences du réchauffement ?

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    Pourquoi une si mauvaise récolte de blé en France en 2024 ? Cette année, la moisson s'annonce laborieuse, tardive et longue (car entrecoupée de nombreux orages)). Deux facteurs vont se conjuguer pour la tirer vers le bas.

    2024 : la pire récolte de blé en France depuis 40 ans. © Stanvpetersen, Pixabay, DP

    1. D'une part, les nombreuses pluies de l'automne et de l'hiver ont rendu impossibles certains semis (les champs étaient trop boueux), ou même il a fallu les recommencer car ils ont été ravagés par les inondations. Au total, on a mis en culture nettement moins de surfaces que les années précédentes : d'après le ministère de l'Agriculture, la surface semée en blé tendre est en recul de 7,6 % à 4,39 millions d'hectares, et celle d'orge d'hiver en repli de 5,9 % à 1,28 million d'hectares.

    2. D'autre part, le printemps « pourri » a favorisé les maladies et attaques fongiques et le manque de rayonnement solairerayonnement solaire n'a pas favorisé la croissance des épis, ce qui a fortement affecté les rendements. Au total, on estime que le rendement moyen sera de l'ordre de 62,5 quintaux par hectare, soit le deuxième plus mauvais du siècle (après 2016 où il était de 53,7)... et du coup, nettement en dessous de la moyenne des 25 dernières années, qui se situe à 71 quintaux.

    En moyenne 62,5 quintaux de blés par hectare en France, c’est vraiment très bas ! © Bruno Parmentier, à partir de chiffres Agreste et Arvalis

    Au total, la récolte 2024 de blé tendre ne devrait guère dépasser les 26 millions de tonnes, alors qu'on produit habituellement entre 35 et 40 millions de tonnes (35,6 en 2023). Ce sera pire qu'en 2016 où l'on avait atteint 27,6 millions de tonnes. Logiquement, le ...
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