Éric Zemmour entretient un rapport assez décontracté avec l'exigence de rigueur du travail historique et, évidemment, avec la force et la réalité des faits. Il l'a démontré en ce qui concerne le rôle du gouvernement de Vichy dans la Shoah, conférant au régime pétainiste des vertus intellectuellement et factuellement ineptes, mais ayant dans la perspective zemmourienne vocation à libérer son désir propre, comme celui plus latent d'une fraction de la société française, de bouleverser une tradition républicaine qu'il a abandonnée pour un «do it yourself» identitaire issu de ses lubies.
Si l'on veut faire simple: le Rassemblement pour la République (RPR) a toujours maintenu une barrière culturelle forte avec l'extrême droite datant de 1940-1944 et 1962, plaçant entre eux des souvenirs faisant appel au sang et à des situation de quasi guerre civile. Le RPR, qui n'avait rien de parfait, a connu plusieurs périodes: celle du «travaillisme à la française» de 1976 à 1981 (dont 25% des membres revendiquaient leur positionnement au centre gauche); celle d'une orientation plus droitière libérale et européenne au cours des années 1980; et une situation d'affrontement entre deux conceptions du gaullisme, de 1990 (moment des Assises au Bourget) à 2000 environ.
L'usage que fait Zemmour de l'histoire du RPR a une fonction: rendre ses idées acceptables par le plus grand nombre.
À quel RPR se réf...
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