La constipation chronique se définit par le fait d'avoir moins de trois selles par semaine. Comment bien la prendre en charge ? Une société savante américaine de chirurgie du côlon vient de publier de nouvelles recommandations. Le point avec le Dr Pauline Guillouche, médecin gastro-entérologue et hépatologue à Nantes.
Après avoir passé en revue 134 études publiées entre le 1er janvier 2014 et le 1er février 2024, les experts de la Société américaine des chirurgiens colorectaux (ASCRS) ont élaboré une série de 13 recommandations pour améliorer la prise en charge de la constipation chronique.
"Une constipation chronique se définit par le fait de faire moins de trois selles par semaine" définit le Dr Pauline Guillouche, médecin gastro-entérologue et hépatologue à Nantes. Un trouble du transit qui affecte 3 à 5 % de la population.
Sans surprise, la première des recommandations est d’adopter des règles hygiéno-diététiques. "La prise en charge initiale des patients présentant une constipation symptomatique implique des modifications alimentaires et la garantie d'un apport hydrique et d'une supplémentation en fibres adéquats" écrivent les auteurs.
Une information confirmée par le Dr Pauline Guillouche, : "Le patient doit effectivement, en première intention, mettre en place des règles hygiéno-diététiques comme le fait de bien s’hydrater, avec 1,5 à 2 L de boisson par jour (hors sodas et jus de fruits) et de manger suffisamment de fibres, en consommant des légumes, des légumineuses et des fruits, au quotidien". En plus, vous pouvez vous aider d'un petit marchepied, à installer devant soi pour relever ses pieds et faciliter l'expulsion des selles.
Si malgré ces règles, la constipation perdure, il est nécessaire de consulter un médecin. "Une anamnèse dirigée et un examen physique doivent être effectués" rappellent les experts américains.
Ils précisent aussi que "des laxatifs osmotiques constituent un traitement médical de première intention approprié pour gérer la constipation chronique" et que "des laxatifs stimulants, tels que le bisacodyl, peuvent être envisagés pour un traitement de secours ou comme traitement de deuxième intention, si nécessaire".
Le Dr Guillouche rejoint ces recommandations. "Si malgré la prise de mesures hygiéno-diététiques, la situation ne s’améliore pas, il est important de consulter un médecin. Il peut s’agir d’une constipation fonctionnelle, c’est-à-dire sans cause associée, mais c’est au médecin traitant que revient le diagnostic" rappelle-t-elle. "Il pourra aussi prescrire des laxatifs osmotiques, plutôt que des laxatifs irritants, type Dulcolax, qui peuvent donner des douleurs abdominales".
Parmi les autres recommandations des experts figure le biofeedback. "Le traitement par biofeedback est considéré comme un traitement de première intention pour les patients présentant une dyssynergie symptomatique du plancher pelvien" peut-on lire dans le document.
Le Dr Guillouche explique que ce traitement est également réalisé en France, généralement par des kinésithérapeutes spécialisés. "Il est mis en place lors de problèmes musculaires ano-rectaux, avec un patient qui présente des difficultés d'exonération (c'est-à-dire d'évacuation de ses selles) lors d'une constipation...
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