Quand le Velvet Underground haïssait les hippies

Romain Brethes - LePoint - 15/10
Le réalisateur Todd Haynes raconte au Point Pop son formidable documentaire qu’il consacre au légendaire groupe new-yorkais des années 1960. Un avant-goût de la culture punk et queer.

C'est l’un des bons mots les plus connus de l’histoire du rock’n’roll. À propos du premier album du Velvet Underground, sobrement intitulé The Velvet Underground & Nico et sorti dans l’indifférence quasi générale en mars 1967 (trois mois avant la sortie du Sergent Pepper’s des Beatles), Brian Eno aurait déclaré : « Cet album s’est vendu à quelques milliers d’exemplaires, mais tous ceux qui l’ont acheté ont formé un groupe. » Que voulait donc signifier par-là le collaborateur de David Bowie, devenu producteur de U2 et des Talking Heads ? D’abord que le Velvet Underground fut sans doute l’un des groupes de rock les plus influents au monde, tout autant, pour certains, que les Beatles et les Rolling Stones. Mais aussi que leur son primitif, bizarroïde et distordu avait pu convaincre n’importe quel guitariste en herbe qu’il était capable d’en faire autant.

Formation à la carrière météoritique – sous sa forme originelle, composée de Lou Reed, John Cale, Sterling Morrison et Moe Tucker, elle n’aura existé que… deux ans, entre 1966 et 1968 – et à la réputation sulfureuse, avec son esthéti...
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