Lorsque les footballeurs anglais ont battu l'Allemagne 5-1 au stade olympique de Munich lors d'une chaude soirée de septembre 2001, une équipe composée de Michael Owen, David Beckham et Steven Gerrard semblait avoir retrouvé la magie qui avait mené leurs prédécesseurs à la victoire en 1966. Finale de la Coupe du monde à Wembley. Observant depuis la zone technique, et peut-être aussi surpris que quiconque par la découverte soudaine par son équipe d'une autorité bouillonnante et libre de but, se trouvait leur nouveau manager, un Suédois d'âge moyen dont le front haut, les lunettes sans monture et l'attitude réservée lui donnaient l'air de un homme portant dans sa tête les calculs supérieurs du jeu.
Sven-Göran Eriksson, décédé à l'âge de 76 ans, avait été nommé premier sélectionneur étranger de l'Angleterre neuf mois plus tôt. Il a succédé à Kevin Keegan, qui avait démissionné dans un effondrement émotionnel quelques minutes après sa défaite contre l'Allemagne à Wembley, ce qui rendait le succès du nouvel homme à Munich, lors d'un match de qualification pour la Coupe du monde, d'autant plus prometteur. Le recrutement par la Football Association d'un entraîneur qui avait consolidé sa réputation avec succès au Portugal, en Italie et en Suède avait pour but d'apporter la sophistication tactique européenne à une Angleterre en stagnation, et le plan semblait fonctionner.
L'été suivant, Eriksson a emmené son équipe à la finale de la Coupe du monde 2002, organisée au Japon et en Corée du Sud. Une défaite serrée en quarts de finale contre le Brésil, futur champion, reposait sur un coup franc apparemment bizarre à longue portée de la jeune superstar Ronaldinho. Mais lorsque l'équipe est sortie au même stade lors des Championnats d'Europe 2004 au Portugal, battue aux tirs au but par son pays d'origine, les progrès commençaient à s'essouffler, malgré l'émergence de Wayne Rooney, un prodige pour ses débuts en Angleterre par Eriksson à 17 ans.
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