Dans une région instable, peu de zones sont plus hostiles que les plaines entourant la ville sud-soudanaise d’Abiemnom. À quatre miles au nord-est se trouve la frontière de la région pétrolière d’Abyei, où des spasmes de violence ont fait de nombreux morts cette année.
Un peu plus loin se trouve la frontière avec le Soudan, en proie à une guerre civile. À partir de là, les fameuses Forces paramilitaires de soutien rapide se rapprochent progressivement.
À l’est se trouvent les « criminels » armés de l’État de Warrap, responsables d’une série de raids meurtriers sur Abiemnom cette année. Le sud et l'ouest offrent peu de répit ; c'est là que reposent les milices de l'État de l'Unité, récemment accusées de massacres de civils.
Ce coin de la plus jeune nation du monde est un microcosme du tourbillon de rivalités ethniques et d’inimitiés historiques qui menacent de déchirer le Soudan du Sud.
72 soldats de maintien de la paix de l'ONU sont chargés de contenir les tensions à Abiemnom dans un modeste avant-poste ouvert en mai à la périphérie de la ville.
"C'est dangereux ici", confirme le capitaine Enkhtuya Ariunbold, 27 ans, scrutant les barbelés qui surmontent le périmètre de la base.
Ariunbold est originaire de la capitale la plus froide du monde, Oulan-Bator en Mongolie, où les températures peuvent...
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