La myopie occidentale en Libye crée-t-elle une version bien pire de Kadhafi ?

EuronewsEN - 08/08
Si nous n’empêchons pas la Libye de devenir un État mafieux, la tendance ne s’arrêtera pas aux frontières de la Libye mais deviendra une norme dans la région, et en particulier au Sahel, écrit Hafed Al-Ghwell.
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Aujourd’hui, la Libye, bloquée, évolue dans un calme inquiétant tandis que la Russie accroît sa présence dans la région.

La Libye continue de s’effondrer tranquillement, avec des indications de plus en plus nombreuses selon lesquelles les gouvernements rivaux se regroupent pour quelque chose de grand.

Récemment, les autorités italiennes ont intercepté un cargo soupçonné d'apporter des armes russes au général Khalifa Haftar, dans l'est de la Libye.

La raison en est que la Russie arme Haftar en échange de l’autorisation à Moscou de construire un port sur la côte méditerranéenne, ce qui lui donnerait une base avec l’Italie directement sur ses sites.

Le pays reste compromis, notamment à cause de ses élites dirigeantes sûres d’elles, mais aussi à cause des décisions politiques inutiles et des règles d’engagement changeantes dans les capitales occidentales. Je crains que les conséquences ne donnent naissance au prochain et probable Mouammar Kadhafi.

Des politiques occidentales qui font volte-face

En regardant brièvement en arrière, nous pouvons constater que les approches occidentales à l’égard de la Libye ont subi des changements notables, passant de stratégies étroites axées sur la sécurité à la facilitation de règlements politiques inclusifs.

Et lorsque cela n’a pas réussi à garantir des progrès significatifs dans la restauration de l’État libyen, l’Occident s’est ensuite tourné vers une stratégie désordonnée consistant à rechercher des accords entre les différentes factions libyennes.

Cette nouvelle stratégie considérait à tort les négociations entre les élites libyennes rebelles et non élues comme un pont de fortune vers l’objectif ultime : la paix et la stabilité.

En donnant la priorité aux accords exclusifs, l’Occident a par inadvertance soutenu l’enracinement du modèle de gouvernance kleptocratique de la Libye, qui a réussi à marginaliser la construction d’institutions clés et la réforme du secteur de la sécurité.
Evgueni Prigojine, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgu et le général Valery Gerasimov, chef d'état-major de l'armée nationale libyenne, Khalifa Hifter, à Moscou, novembre 2018AP/AP

Il s’agit d’une grave...
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