Date : 06 juillet 2024 à 09:10
Le voyage a duré 13 ans, mais il en valait la peine.
Avec une image accessible et sans stridence, Marine Le Pen a donné un visage féminin à l'extrême droite en France et a réussi à donner un nouveau vernis au discours souvent raciste et antisémite qui rendait le Front national de l'époque, dont elle a pris les rênes en 2011, indigeste pour une grande partie de l'électorat.
Aujourd'hui, plus de dix ans après son arrivée à la tête du parti, rebaptisé Rassemblement national (RN), Marine Le Pen a réussi à en faire le parti le plus voté de France.
Mais de l'ostracisme aux portes du palais de Matignon, le siège du gouvernement français qui pourrait éventuellement être occupé par son "dauphin", Jordan Bardella, ce n'est pas seulement le temps qui a passé, mais aussi une stratégie claire et populiste pour rendre le parti beaucoup plus acceptable aux yeux des Français.
Une stratégie qui a été couronnée de succès et qui a fait en sorte qu'un parti périphérique, fondé par son père Jean-Marie en 1972 et par d'autres collaborationnistes nazis et négationnistes, et qui a eu pendant des années une représentation à la Pyrrhus à l'Assemblée nationale en raison du "cordon sanitaire" des électeurs, est maintenant considéré par plus d'un tiers des électeurs comme une autre option dont ils n'ont pas à rougir.
Dans ce parcours, Marine n'a pas hésité à "tuer le père" - comme la presse française a métaphoriquement décrit son changement de cap - pour rompre avec l'ancien leadership et aspirer au sommet.
À deux reprises, elle s'est présentée au second tour des élections présidentielles françaises, en 2017 et en 2022, où ses affiches, avec le slogan "Marine présidente", ne comportaient même pas le nom de famille Le Pen afin d'effacer les associations avec le passé.
Elle n'a jamais réussi à atteindre son objectif face à un Emmanuel Macron très préparé, maître du débat et des données. Mais à chaque fois, elle s'en est rapprochée, bien plus que son père en 2002, lorsqu'il a disputé la présidence avec Jacques Chirac et n'a recueilli que moins de 17 % des voix.
L'arrivée de Jean-Marie au second tour de l'élection présidentielle a fait grand bruit en France. Aujourd'hui, c'est la norme et l'e...
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