La couverture est bleue marine et le livre magnifiquement édité. Il s'intitule simplement Promenades (éd. Herscher). Il est signé Nicolas Sarkozy. C'est un objet culturel non identifié: un livre dans lequel l'ancien président de la République (2007-2012) révèle sa passion secrète pour l'art et répond à ses critiques. Sur papier glacé.
L'image d'abord. À 29 euros, un prix élevé, on peut qualifier cet ouvrage de «beau livre». Il contient plus de 200 pages d'iconographie splendide, de tableaux, de manuscrits autographes. Parmi lesquels, la sublime Pietá de Michel-Ange (un tableau que Sarkozy dit vénérer); Autoportrait de Picasso (période bleue, bien sûr); une sculpture de Camille Claudel; In Memory of George Dyer de Francis Bacon (œuvre iconique gay); des pages autographes magnifiques de Balzac ou Zola; d'inestimables Modigliani, Brueghel ou Bernard Buffet. Et tant d'autres.
Parfois, ses choix intriguent. Pourquoi l'ancien président de la République française s'évertue-t-il systématiquement à présenter des œuvres issues des collections étrangères quand leurs tableaux existent aussi dans les musées français? La Sainte Anne de Léonard de Vinci est à Londres mais cinq des principaux chef-d'œuvres du maître sont au Louvre; le Saint Jérôme écrivant de Caravage est à Malte alors que Sarkozy aurait pu choisir les toiles murales de l'église Saint-Louis-des-Français; et ainsi des Monet, Manet, Matisse et Van Gogh qu'il présente, conservés à Boston, Providence, Philadelphie et Amsterdam, alors que des œuvres incontournables de ces quatre peintres existent au musée d'Orsay ou à Beaubourg. On dira que l'art n'a pas de patrie et on aura raison.
Sarkozy a bien le droit d'aimer un Monet exposé à Boston mais il semble quand même étrange qu'il choisisse de préférence ses tableaux hors des collections françaises.
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Quand ils ne sont pas étrangers, les tableaux et, surtout, les manuscrits sont souvent issus de «collections privées», sans autre précision. Si ces œuvres appartiennent à Nicolas Sarkozy lui-même, on peut comprendre sa sélection, même si on devine que toute expos...
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