L'expulsion des Allemands d'Europe de l'Est, l'épuration ethnique oubliée de l'après-guerre

Nicolas Méra - Slate FR - 23/06
Entre 1945 et 1950, des millions d'Allemands installés en Europe centrale et orientale sont brutalement rapatriés. Un exil forcé qui fera entre 500.000 et 2 millions de victimes, principalement des femmes et des enfants.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que le Troisième Reich dépose les armes, des millions d'individus germanophones sont encore éparpillés en Europe orientale. Certains sont des expatriés de longue date qui s'étaient installés dans la région de la mer Noire et le long de la Volga. D'autres sont des immigrés plus récents ayant élu domicile dans les territoires annexés par le Reich. D'autres, enfin, sont des réfugiés ayant quitté une Allemagne exsangue vers la fin du conflit, craignant autant les bombardiers alliés que les violeurs de l'Armée rouge –lesquels ont mutilé près de deux millions d'Allemandes.

Ces Volksdeutsche («Allemands du peuple») sont près de vingt millions, répartis entre la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Prusse-Orientale (actuelles Pologne, Lituanie et Russie, oblast de Kaliningrad). Mais lorsque le conflit s'achève et que vient l'heure du bilan, les autorités alliées se retrouvent face à une question épineuse: que faire d'eux? La majorité des réfugiés sont des femmes et des enfants de moins de 16 ans.

Le brassage culturel ne semble pas compatible avec l'apaisement, d'autant plus que les populations revanchardes pourraient bien vouloir se retourner contre leurs anciens bourreaux… «L'expulsion est la méthode qui […] sera la plus satisfaisante et la plus durable, estime le Premier ministre britannique Winston Churc...
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