Du sang dans les murs : le rituel vaudou accompli au sein du palais royal d’Abomey est confirmé par la science

Sciences Et Avenir - 18/06
Des analyses protéomiques confirment la présence de sang humain dans la paroi d’une hutte funéraire construite au 19e siècle selon un rituel vaudou au sein du palais royal d’Abomey, sous le règne du roi Ghézo du Dahomey.

Au 19e siècle, le roi Ghézo du Dahomey (correspondant à une partie de l’actuel Bénin) était réputé pour ses raids sanglants contre les Yorubas – les deux peuples voisins se faisant concurrence dans le commerce des esclaves. Ce monarque absolu serait aussi le dernier de sa lignée à avoir pratiqué la religion vaudou.

Les récits historiques et ethnologiques rapportent que dans son palais d’Abomey, il aurait fait construire deux huttes funéraires avec le sang de 41 victimes sacrifiées, 41 étant un nombre sacré dans le vaudou. Dans le cadre de fouilles archéologiques menées conjointement par des chercheurs français et béninois sous l’égide du musée du quai Branly-Jacques Chirac, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’université d’Abomey-Calavi, des analyses protéomiques permettent de reconstituer une partie du rituel vaudou qui s’est déroulé lors de la consécration des lieux.

Les résultats, publiés dans la revue Proteomics, confirment la légende : du sang humain a bel et bien été utilisé pour fabriquer la paroi d’une de ces huttes sacrées.

Le vaudou, une religion animiste

Né au 17e siècle en Afrique de l’Ouest, le vaudou est une religion animiste, où l’objet (le fétiche) ou le lieu consacré est "animé" en lui insufflant de la vie au cours d’une cérémonie. Cette source de vie peut prendre diverses formes, mais la plus courante e...
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