L'Afghanistan des talibans, une opportunité pour la Turquie?

Ariane Bonzon - Slate FR - 30/09
En intervenant dans cette partie de l'Asie centrale, Erdoğan espère sans doute jouer un rôle diplomatique. Le président Erdoğan «voit des opportunités là où d'autres ne voient que des problèmes», déclarait récemment la directrice d'un think-tank turc. Après l'avoir fait au Soudan,...

Le président Erdoğan «voit des opportunités là où d'autres ne voient que des problèmes», déclarait récemment la directrice d'un think-tank turc. Après l'avoir fait au Soudan, en Somalie et en Libye, détruits et ruinés par des années de guerre civile, le numéro 1 turc semble en effet prêt à engager son pays dans l'Afghanistan des talibans. Mais sur quelles bases: ethniques, religieuses, stratégiques ou politiques?

Sans frontière commune, les deux pays partagent une histoire et des affinités, ethniques et religieuses. En 1921, l'Afghanistan fut le second pays, après l'Union soviétique, à reconnaître la république de Turquie. Sept ans plus tard, le monarque afghan, Amanullah, rend visite au président Mustafa Kemal, dit Atatürk et signe un traité de coopération.

Opposée à l'invasion soviétique de 1979, Ankara (en première ligne de l'Otan face à l'URSS) se range du côté de l'alliance du nord du commandant Massoud, et soutient tout particulièrement l'un de ses chefs, Abdul Rachid Dostom, lequel trahit pourtant le Lion du Panshir à maintes reprises. Ce soutien turc se fonde sur des affinités ethniques et linguistiques puisque Dostum est ouzbek et turcophone. De 1996 à 2001, durant la première période de pouvoir taliban, la Turquie accueille son protégé. Accusé de viol, Dostum y reviendra passer un an en 2017-2018 pour échapper à la justice.

Abdul Rachid Dostom et Recep Tayyip Erdoğan, à Ankara, l...
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