Dans la course aux navigateurs, le tsunami promis par l'UE n'éclabousse personne

Clubic - 16/06
On penserait presque que le marché des navigateurs est plié. Google Chrome est en pôle position depuis des années et semble simplement écraser ses concurrents. Et pourtant, chez nous, quelques mouvements rebelles apparaissent ici et là.
Guillaume Belfiore
16 juin 2024 à 10h29
Chloé Claessens
L'Europe a relancé la course aux navigateurs

On penserait presque que le marché des navigateurs est plié. Google Chrome est en pôle position depuis des années et semble simplement écraser ses concurrents. Et pourtant, chez nous, quelques mouvements rebelles apparaissent ici et là.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. D'après StatCounter, en France, le mois dernier, Google Chrome affichait une part de marché de 63.32% devant Safari (16.77%) et Firefox (7.25%). Au niveau européen, la part de marché de Chrome serait de 61.68% et de 65.34% à l'échelle mondiale.

Des navigateurs sécurisés, des navigateurs dopés à l'IA, des navigateurs écologiques, des navigateurs pour le gaming, on ne compte plus les tentatives des acteurs du marché pour proposer une offre différente de celle de Google. Pourtant, si la majeure partie d'entre elles s'articule autour de Chromium, bien souvent celles-ci méritent bien le détour.

Chromium est-il trop puissant ?

À l'heure où Chromium domine le marché des navigateurs, on pourrait logiquement penser qu'il servira de base pour les innovations technologiques futures. Pourtant, avec son moteur Gecko, Mozilla résiste. La fondation a toujours misé sur la diversité et n'en démord pas. Interrogé par nos soins, Sylvestre Ledru, directeur de Mozilla France, affirme :

"Nous croyons que la diversité des moteurs offre un choix aux utilisateurs et renforce la qualité du web. Mozilla reste un leader en donnant la priorité à la vie privée et à la sécurité des utilisateurs. Ainsi, avoir Gecko nous a permis de montrer la voie avec des technologies comme WebAssembly, la protection contre le pistage, DNS-over-HTTPS, et des fonctionnalités de sécurité comme RLBox. Le processus de développement multipartite du Web est loin d'être parfait, mais il sert néanmoins de rempart puissant contre un agenda d'entreprise imposant de mauvaises idées au Web."

Les navigateurs sur Chromium se multiplient

Chez Opera, qui a troqué son moteur Presto pour celui de Chromium en 2013, les décisions prises sur les standard du web restent bel et bien neutres. Jan Standal, vice-président au sein de l'entreprise norvégienne, indique ainsi :

"Chromium, malgré son influence, ne fixe pas ces normes à lui tout seul. Puisqu'il s'agit d'un projet open source, les contributions à Chromium proviennent de divers acteurs, y compris Google, mais aussi d'autres grands et petits acteurs du monde de la technologie. Google a une présence significative au sein du W3C, mais d'autres grandes entités y sont également présentes. Nous jouons tous un rôle dans la définition de ces normes afin de garantir que le web reste ouvert, accessible et sécurisé pour tout le monde".

Aux côtés de Mozilla, l'autre outsider, c'est Apple. La ...
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