Le président Macron a annoncé hier une accélération de la campagne de vaccination. C’est en effet indispensable. Mais vacciner dans un contexte de très forte transmission, est-ce la solution pour éviter une nouvelle phase endémique (ce que l’on appelle une vague mais qui n’a rien à voir avec l’eau) après la longue et continuelle accélération depuis le début de l’année? Est-ce suffisant sur le moyen terme en cette deuxième année de pandémie? Il y a plusieurs raisons d’en douter.
La pandémie est encore en pleine expansion en France, puisque les barrières immunitaires qu’elles soient naturelle, post-contamination ou vaccinale sont loin de pouvoir freiner la transmission du virus. Les difficultés du programme de vaccination en France repoussent la date à laquelle les Français seront vaccinés en nombre suffisant pour diminuer la mortalité. Sans l’immunité vaccinale, il ne faut pas reculer devant l’obstacle et renoncer (une fois de plus) à maîtriser la transmission.
Transmission et non circulation
Le virus Sars-CoV-2 ne circule pas, nous le transmettons dans nos gouttelettes et aérosols d’air expiré. En 24 heures nous expirons environ 20000 fois
La transmission est interhumaine, entre un porteur du virus et des personnes non immunisées
En fonction des cas, des signes cliniques, de la date du diagnostic, il y a deux semaines de transmission possible pour un porteur du virus
Maîtriser la pandémie nécessite une diminution drastique de la transmission
C’est pourquoi l’isolement de ceux qui ont le fort pouvoir de transmettre, les cas contacts et positifs est aussi essentiel
Le contact tracing est basé sur les données intelligentes et un système d’enquête ultrarapide
L’isolement est basé sur une organisation en réseau au contact de la population pour fournir les conseils et au besoin le toit, l'alimentation et les soins pour deux semaines et la contrainte quand elle est nécessaire
La transmission est mesurée à partir des cas positifs diagnostiqués, du pourcentage de ces cas positifs par rapport au nombre de Français qui se font tester, du nombre R et de l’évaluation par des modèles du nombre de cas réels. Ce nombre de cas réels comprend les faux négatifs, tous ceux qui sont asymptomatiques et ne se testent pas et ceux qui symptomatiques ne font pas le test pour différentes raisons.
Figure N°1: nombre cumulé de cas confirmés de la Covid-19 par million d’habitants. Puisque les Français ne sont pas tous testés, ce nombre est inférieur aux cas réels. Les estimations du nombre de Français qui ont contracté le virus Sars-CoV-2 donnent un intervalle de 7 à 11 millions de personnes.
Mais attention ce nombre est une moyenne qui cache d’énormes disparités régionales (Figures N°1 & 2). C'est-à-dire que certains cantons sont à plus de 40-50% et d’autres territoires à moins de 5%. C’est ce que démontrent par ailleurs les taux d’incidence dès lors qu’on regarde un peu plus près les cantons, les arrondissements et encore plus finement par lieu d’habitation par exemple une copropriété de 100 appartements et ensuite par tranches d'âge (les autorités ont accès à ces données). Par exemple en Île de France, l'incidence des 20-29 ans est 474 pour 100 000 en augmentation de 15% en une semaine. Dans le 93, les 20 29 ans ont une incidence de 581. Dans le val de marne, l'incidence des 20-29 ans est de 576. Or le port du masque c'est 76% en France (observationnel et non déclaratif ) et il faut au moins 95% pour que les scénarios de transmission soient affectés. Comme nous l’avons tous constaté, le comportement au quotidien, en particulier le port du masque correctement ajusté, l’éloignement interpersonnel et l’hygiène des surfaces corporelles sont sujet à une courbe d’apprentissage. Ce qui signifie que si on s’en affranchit trop pour des raisons que nous trouvons excellentes mais qui sont la plupart du temps biaisée...
[Courte citation de 8% de l'article original]