Dérivés de CBD, de THC : l’impossible guerre contre les psychotropes vendus en bureau de tabac

L'Express - 01/06
H4CBD, THCP, HHC… Ces substances présentées comme dérivées du CBD mais en réalité psychoactives seront interdites le 3 juin. Avant d’être rapidement remplacées par d’autres ?

Chaque semaine, Igor achète à son bureau de tabac, près de Lyon, du CBD sous forme d’herbe. La substance, réputée pour ses effets apaisants, n’est pas psychotrope et est donc légale en France. Autant de raisons qui ont poussé le trentenaire, il y a plusieurs années déjà, à le préférer au cannabis, illégal et dans lequel se trouve une centaine de cannabinoïdes, dont le THC (la principale molécule psychoactive de cette plante). Mais début avril, il a eu une mauvaise surprise. "J’ai fumé deux joints le soir. Les effets, intenses pendant toute la nuit, m’ont empêché de dormir. Puis je suis resté couché deux jours de suite sans pouvoir me lever. Les cinq jours suivants, j’étais 'stone' en permanence, avec des crises de paranoïa et d’angoisse alors que je devais m’occuper de mes filles, aller au travail, conduire. C’était horrible, interminable."

Publicité

S’il n’a pas eu besoin d’une hospitalisation, c’est parce qu’il a un passif de gros fumeur de cannabis et qu’il a l’habitude des effets indésirables du THC, assure-t-il. Reste que l’expérience lui a passé l’envie d’acheter du CBD. Mais elle ne l’a pas empêché de mener sa petite enquête. Il s’avère que son bureau de tabac a été victime d’une erreur d’étiquetage de son fournisseur, qui a remplacé une quinzaine de lots de CBD par du THCP, une molécule de synthèse vendue légalement, du moins jusqu’à maintenant.

LIRE AUSSI : Ces quartiers gouvernés par les dealers : enquête sur l'ampleur du trafic de drogue en France

Pierre, qui consomme tous les jours environ 1 gramme de cannabis, a délibérément acheté 3 grammes de H4CBD dans un bureau de tabac, il y a six mois. Là encore, le produit lui a été présenté sous forme de tête d’herbe parfaitement légale. Mais lui aussi a été choqué par les contrecoups de la substance. "La dernière fois que j’en ai fumé, cela m’a assommé pendant quatre jours, avec un effet proche du cannabis classique sur le coup, puis l’impression d’avoir la grippe dès le lendemain, avec des courbatures et une envie de rester couché toute la journée", alerte-t-il. S’il avait d’abord trouvé ces produits intéressants car ils lui permettaient de sortir de l’illégalité, il s’en tient désormais éloigné...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...