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L’impératif de l’écriture selon Laure Conan
Sophie Imbeault, Carolyne Ménard - Le Devoir -
01/06
La carrière de l’écrivaine a longtemps été perçue comme la conséquence d’un amour déçu.
Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.
Naître femme en 1845 représente une vie bien différente de celle que nous menons aujourd’hui. C’est d’abord fréquenter l’école, le temps d’apprendre son petit catéchisme et le strict nécessaire ; il n’est pas question d’envisager des études supérieures. C’est aussi ne pas avoir le droit de vote. C’est enfin se marier, donc se soumettre à l’autorité de son mari, conformément au Code civil, entrer en religion ou demeurer célibataire.
Laure Conan, dont le nom résonne encore dans notre mémoire collective, a fait ce choix. À l’occasion du centième anniversaire de son décès, le moment est venu de se remémorer son parcours singulier dans un XIXe siècle marqué par une conception rigide des rôles sociaux.
La carrière de Conan — première femme du Canada français à gagner sa vie par l’écriture — a longtemps été perçue comme la conséquence d’un amour déçu, alors qu’elle s’impose au contraire par son intelligence stratégique d’écrivaine.
Réseautage
Née en 1845 à La Malbaie, dont les paysages commencent à ravir villégiateurs et artistes, Félicité Angers voit l’écriture s’imposer à elle par nécessité. Les six frères et soeurs Angers se retrouvent orphelins de père en 1875 et de mère en 1879.
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