Après le Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, il y a quelques semaines, c'est aujourd'hui le rapport United in Science 2021 qui nous alerte sur la situation du climat mondial. Selon les scientifiques, nous serions « très en retard » sur les objectifs de l'Accord de Paris. Et faute de mesures immédiates et à grande échelle de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, il sera bientôt impossible de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Les conséquences seront « catastrophiques ».
« Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, on entend dire que nous devons mieux reconstruire pour placer l'humanité sur une voie plus durable et éviter les pires impacts du réchauffement climatique sur la société et sur les économies. Ce rapport montre aujourd'hui à quel point nous allons dans la mauvaise direction. » Ce sont les mots de Petteri Taalas, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) au moment où parait le rapport United in Science 2021 qui propose, quelques semaines après la parution de celui du Giec, un nouveau point sur le réchauffement climatique anthropique. « Notre monde s'est engagé sur la voie d'un réchauffement de 2,7 °C », confirme Antonio Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (Onu). « Et les conséquences seront catastrophiques. »
Le rapport United in Science 2021 évalue les engagements des pays signataire de l'Accord de Paris en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ceux-ci devaient être révisés avant la fin de l'année 2020. Pourtant à ce jour, seuls 113 pays -- représentant moins de la moitié des émissions globales de GES -- se sont réengagés. Pour une baisse de leurs émissions de 12 % en 2030 par rapport à 2010. En tenant compte des objectifs non révisés -- ceux de la Chine, notamment, qui compte, à elle seule, pour un quart des émissions mondiales -- les émissions pourraient en réalité... augmenter de 16 % à la même échéance.
Rappelons que nos émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont un temps ralenti, à la faveur des confinements imposés par la crise du coronavirus. En 2019, elles culminaient à 36,64 gigatonnes d'équivalent CO2 (GtCO2). En 2020, elles reculaient de 5,6 %, soit 1,98 GtCO2 de moins. Mais les premières estimations annoncent déjà un retour au niveau de 2019 -- voire plus -- pour les secteurs de l'électricité et de l'industrie pour le 1er semestre 2021.
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— GlobalCarbonProject (@gcarbonproject) September 16, 2021
Résultat -- le rapport du Giec l'a rappelé, l'influence humaine est désormais « sans équivoque » --, la période 2017-2021 apparaît parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Les scientifiques estiment que les températures moyennes se sont établies entre 1,06 °C et 1,26 °C au-dessus des niveaux préindustriels (1850-1900). Et il y a désormais 40 % de risques pour que la température mondiale moyenne dépasse le seuil des +1,5 °C inscrit dans l'Accord de Paris, au moins une fois au cours des cinq années à venir.
(Mostly bad, the rest of it is terrible.)United in Science 2021A multi-organization high-level compilation of the latest climate science information40% chance that one year up to 2025 will be 1.5C warmer than pre-industrial levels. https://t.co/7T1fdymoIs
— Phuckle_IRE (@PhuckleI) September 17, 2021
Ce réchauffement climatique anthropique a d'ores et déjà augmenté la fréquence et l'intensité de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes. « Ils sont cinq fois plus nombreux que dans les années 1970. Et sept fois plus coûteux », souligne Antonio Guterres. Nous en avons eu beaucoup d'exemples en cette année 2021. Avec les conséquences désastreuses qu'ils ont eues sur les populations locales -- y compris dans les pays les plus développés -- et plus généralement, sur la santé humaine. « Mais ce n'est que le début ...
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