Cannes 2024, jour 8: «Marcello Mio», la grande aventure du trouble

Jean-Michel Frodon - Slate FR - 22/05
Au Festival et dans les salles, surgissement avec le film de Christophe Honoré d'une fable trans, joyeusement et mystérieusement réaliste.

Ce serait comme une embardée. Un moment de la vie où surgit le besoin de déplacer quelque chose. Bien sûr, celle qui fait ce geste est singulière (qui ne l'est pas?): être la fille de Catherine Deneuve et de Marcello Mastroianni n'est pas donné à tout le monde. Et même à personne d'autre. Et alors?

Et alors c'est là, dans cette singularité absolue et cette pulsion si partageable, à la frontière d'une intimité et de l'exposition sous les feux des projecteurs de cinéma et des médias, mais aussi sur la limite qui sépare les hommes des femmes, les parents des enfants, les pères de leurs filles, un pays d'un autre, une langue d'une autre, que tout se met en mouvement.

Pour lancer ce mouvement, il faut de la résistance, et du soutien. La résistance vient de la mère de Chiara Mastroianni, qui s'est autorebaptisée Marcello, s'habille et bouge comme l'éternité du star system a figé l'image du latin lover. Et elle vient de Melvil, ex-petit ami mais toujours copai...
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