Les froides statistiques indiquent qu'Oscar Rubén Larrauri a couru huit Grands Prix de Formule 1 en 1988. Il s'agissait de la moitié des courses organisées cette saison-là. Mais personne ne peut enlever à l'ancien pilote du Granadero Baigorria le fait qu'il a touché le ciel avec ses mains. Poppy, comme on l'appelle, a fait de son mieux avec cet EuroBrun ER188 01 qui n'était pas compétitif et il a dû jongler pour pouvoir prendre le départ d'une course. Malgré cela, le Santa Fe de 69 ans s'est toujours souvenu de ce monoposto avec affection et ce samedi il le retrouvera à l'hippodrome Enzo et Dino Ferrari d'Imola, dans le cadre du Grand Prix d'Émilie-Romagne.
Larrauri, avec Miguel Ángel Guerra, était considéré au début des années quatre-vingt comme le successeur de Carlos Alberto Reutemann. Le natif de Buenos Aires a même débuté à Imola en 1981, mais un accident au départ l'a mis à l'écart et il n'a jamais pu revenir à la Máxima. La Poppy a été choisie en 1982 après avoir été championne d'Europe de Formule 3, mais elle n'a pas obtenu le budget argentin en raison des problèmes économiques causés par la guerre des Malvinas.
Il se forge cependant une formidable campagne internationale qui le conduit à remporter le Championnat du Monde d'Endurance (aujourd'hui FIA WEC) et à terminer deuxième des 24 Heures du Mans en 1986 avec une Porsche 962 C de l'écurie Brun Motorsport. Au cours de ces années, il se lie d'amitié avec le propriétaire de l'équipe, le Suisse Walter Brun, qui réalise en 1988 son vieux rêve d'atteindre la F1. C'était une époque où les structures de Formule 3000 (actuelle Formule 2) ou d'autres catégories pouvaient être incitées à rejoindre la Máxima. Cela permettait d'avoir près de 40 voitures à chaque date et il fallait faire un pré-classement, qui était un filtre entre les pilotes dont les voitures étaient moins compétitives et qui, s'ils avançaient, iraient au classement, même si cela ne garantissait pas eux partant non plus, ce qui leur a permis de réaliser les 26 meilleurs temps parmi 40 concurrents.
Ce n’est pas ce dont Larrauri rêvait, même s’il y est parvenu grâce à un travail acharné et à de la persévérance. C'était un grand professionnel et il n'avait pas à investir un centime dans la course en F1, puisque l'équipe appelée EuroBrun s'occupait de tout. Après 36 ans, il retrouvera cette voiture qui lui a permis d'atteindre le sommet du sport automobile et il fut le premier Argentin à le faire depuis l...
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