Megalopolis, Emilia Perez, Les Linceuls, L'Amour ouf, Kinds of Kindness ou encore Bird et Parthenope : on passe en revue tous les candidats au prix suprême.
Qui repartira du Festival de Cannes avec la Palme d'or cette année ? La bataille s'annonce rude, avec le retour ultra-attendu de Francis Ford Coppola (Megalopolis), la présence de nombreux habitués de la Croisette (Paolo Sorrentino, Andrea Arnold, Arnaud Depleschin, Jacques Audiard, Serguei Loznitsa), et quelques petits nouveaux jamais vus en compétition comme Gilles Lellouche et son Amour ouf. Le jury présidé par Greta Gerwig va devoir trancher.
Pour le coup d'envoi de la 77e édition du Festival de Cannes, donné par Le Deuxième acte de Quentin Dupieux, voici notre guide complet des 22 films en compétition :
All We Imagine As Light de Payal Kapadia
Ça parle de quoi ?
De deux femmes qui partagent tout à la fois leur solitude affective, un logement et leur job d’infirmières au sein d’un hôpital de Mumbai. Entre insouciance pour l’une et résignation pour l’autre, elles vont s’échapper un temps du brouhaha de la ville pour trouver une forme d’apaisement au bord de la mer.
Ça va être bien ?
On avait découvert le cinéma de cette jeune cinéaste indienne de 38 ans avec son documentaire présenté à la Quinzaine des Cinéastes, Toute une nuit sans savoir (2022), film à la presque première personne où la réalisatrice s’interrogeait sur la vitalité d’une jeunesse désireuse de changements. Ce premier long métrage de fiction semble en être un prolongement direct. Entre documentaire et fiction, réalité et fantasme, on pressent une expérience sensorielle forte.
Ça palme ?
En 1946, le premier sacre de l’histoire cannoise revient à La ville basse de l’indien Chetan Anand, portrait de personnages en quête de liberté adapté des Bas-fonds de Maxime Gorki. Depuis cette Palme qui n’en avait pas encore le nom, le cinéma indien a dû se contenter d’un Prix du Jury en 1983 pour Affaires classées de Mrinal Sen. On peut aussi ajouter L’œil d’or du meilleur documentaire obtenu pour Toute une nuit sans savoir en 2021 de Payal Kapadia. Un Palme assurerait donc une forme de continuité magique dans la trajectoire de la cinéaste et une reconnaissance pour un cinéma indien résolument dynamique.
L’Amour ouf de Gilles Lellouche
Ca parle de quoi ?
On y suivra, de l’enfance à l’âge adulte, l’histoire d’amour mouvementée, née dans le nord- est de la France, au cœur des années 80, de deux ados issus de milieux sociaux opposées.
Ca va être bien ?
Evidemment, il en réalisera d’autres. Mais L’Amour ouf a tout du projet d’une vie pour Gilles Lellouche qui en rêve en tout cas depuis 13 ans et ce jour où Benoît Poelvoorde lui avait fait découvrir ce roman de Neville Thompson en lui assurant qu’il fallait en faire un film. Mais il lui a fallu du temps… et le succès du Grand bain (pour lequel la présentation cannoise hors compétition en 2018 a constitué le plus beau des tremplins) pour obtenir les moyens nécessaires à l’ambition annoncée : une fresque romantique ultra- violente de 2h45 avec une BO annoncée aussi démente qu’onéreuse en termes de droits.
Ca palme ?
Pour Gilles Lellouche qui ne possède la fameuse "carte", synonyme d’immunité pour une part de la critique française qui l’a si souvent gratuitement pris pour cible, se retrouver en compétition constitue déjà une victoire. Un prix serait un merveilleux pied de nez supplémentaire à ses détracteurs ! Et pourquoi pas une récompense collective pour ses deux duos de comédiens, Adèle Exarchopoulos-François Civil, Mallory Wanecque-Malik Frikah qui incarnent successivement les personnages au fil du récit ?
Anora de Sean Baker
Ça parle de quoi ?
D’une travailleuse du sexe de Brooklyn qui tombe sous le charme du rejeton d’un oligarque russe. Anora, c’est son nom, va bientôt épouser son prince charmant provoquant l’ire des riches parents de ce dernier. Ceux-ci décident illico de faire le voyage jusqu’à New-York pour mettre un terme à cette embarrassante union.
Ça va être bien ?
Celles et ceux qui suivent le travail du cinéaste américain de 53 ans depuis au moins Tangerine en 2015, connaissent sa façon très rock’n’roll de raconter les péripéties d’outsiders plus ou moins magnifiques d’une Amérique contemporaine cabossée. The Florida Projet (2017) voyait ainsi des bambins quasiment livrés à eux-mêmes à l’ombre d’un Disney World voisin. Dans Red Rocket, présenté en compétition en 2021, un ex-star du porno (Simon Rex dément) tentait un improbable retour dans sa ville natale. Sean Baker représente presque à lui tout seul un cinéma d’auteur in...
[Courte citation de 8% de l'article original]