Comment développer l'usage quotidien du vélo dans les campagnes ?

Euronews - 17/09
🚲 Depuis la fin du confinement, l'usage du vélo au quotidien décolle dans les agglomérations d'Europe. Mais la pratique peine à se développer dans les zones rurales.

En France, lorsqu’une personnalité politique propose de "circuler à vélo", il y a toujours quelqu’un pour répondre : "discours de citadin ; le vélo à la campagne ça n’est pas possible." Or, l**a voiture représente encore 60% des émissions de CO2 dans les transports dans l'Union européenne. Que manque-t-il au vélo pour se développer dans toutes les zones rurales et périurbaines, grands bastions de la voiture individuelle ?**

La place laissée aux vélos dans les zones rurales n’est pas uniforme à travers l'Europe, commence par préciser Aleksander Buczyński de la Fédération européenne des cyclistes (ECF).

Dans les pays d’Europe de l’Est plus pauvres, explique-t-il, le vélo a perduré plus longtemps car les habitants n’avaient pas tous les moyens de s’acheter des voitures. En Europe de l’Ouest, la voiture a pris le dessus plus tôt. Mais quelques pays de l’Ouest font exception : les Pays-Bas, le Danemark mais aussi l’Allemagne ou la Flandre en Belgique. Cette différence n’est pas seulement culturelle, elle est issue de politiques volontaristes orientées très tôt vers le vélo.

Distances et sécurité, les premiers freins ressentis ou réels

Le frein principal à l’usage quotidien du vélo dans les zones rurales et périurbaines est la distance. S’il paraît réaliste de pédaler pour parcourir 5 km ou moins dans les villes, les usagers hésitent plus à le faire pour des distances de 15 ou 20 km.

Le problème du relief s’ajoute, dans certaines régions, aux distances. La météo est aussi un frein, que l’on retrouve dans les centres urbains, car en plus de rendre le parcours moins agréable, le mauvais temps rend nécessaire le fait de s’équiper et de pouvoir se changer en arrivant au travail. Cette contrainte nécessite des aménagements comme des casiers ou des douches, que les employeurs ne sont pas toujours prêts à implémenter.

Le trajet peut aussi être plus dangereux sous la pluie ou la neige, a fortiori sur une route partagée où les vélos cohabitent avec des véhicules motorisés roulant à 80 km/h ou plus.

"Personne n’a envie de circuler entre les camions et les tracteurs" et les voitures roulant à plus de 80 km/h, à l’heure où les villes abaissent les vitesses à 30 km/h, explicite ainsi Wim Bot de la Fietsersbond, association hollandaise de cyclistes.

Aleksander Buczyński de l'ECF rappelle ainsi que 42% des accidents mortels à vélo en Europe ont lieu dans les zones rurales et que les accidents non mortels y sont plus graves. Des chiffres de l’UE, montrent qu’en France et en Espagne, la mortalité des cyclistes est même plus importante dans les zones rurales que les centres urbains.

La sécu...
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