Top 20 des documentaires musicaux

Première - 10/02
Parce que la musique populaire est un art de la performance, il fallait non seulement l’enregistrer mais aussi la filmer. Voici nos 20 préférés.

Parce que la musique populaire est un art de la performance, il fallait non seulement l’enregistrer mais aussi la filmer, pour en garder la trace et inventer un genre, "le documentaire musical", peu avare en chefs-d’oeuvre. Voici nos 20 préférés.

20. In bed with Madonna (Alex Keshishian, 1991)

Madonna en liberté. Au réveil, pas maquillée. S’amusant avec ses copains danseurs comme une lycéenne délurée. Mimant une fellation sur une bouteille d’Evian pour rigoler... Le noir et blanc pastiche le style « rockumentaire », sur le vif, inventé dans les sixties par les pionniers du genre. Problème (ou pur génie) : tout ici a l’air fake, bidon, calculé, scénarisé. Le star-system mute, on passe de l’ère du cinéma-vérité à celle de la télé-réalité, et Warren Beatty, alors boy-friend de la Ciccone, observe tout ça, médusé : « Pourquoi dire quoi que ce soit si ce n’est pas filmé ? À quoi bon vivre s’il n’y a pas de caméra ? » Bonnes questions, Warren. Très bonnes questions.

19. FESTIVAL EXPRESS (BOB SMEATON, 2004)

Juin 1970. Une dizaine de groupes embarque dans un train pour un festival itinérant à travers le Canada, une sorte de Woodstock à étapes. À bord : The Grateful Dead, The Band, Janis Joplin, Buddy Guy, des guitares, des trompettes, des percussions et de l’alcool à gogo (en chemin, il faudra racheter le stock entier d’un « liquor store »). À chaque arrêt, un concert géant à 16 dollars suscite des manifs pour entrer gratis (émeutes, flics, gueules en sang). Le fiasco est entériné, les promoteurs perdent leurs chemises, les bandes filmées sont laissées en vrac. Lorsqu’elles ressurgissent en 2004, elles ont pris une dimension historique : des groupes dissous et des génies morts y sont captés sur scène et dans des fiestas improvisées dans les compartiments enfumés, ivres de jouer, de chanter, d’être jeunes et éternels. Littéralement ressuscités. Peut-être le plus vivant des docus rock.

18. THELONIOUS MONK : STRAIGHT, NO CHASER (CHARLOTTE ZWERIN, 1988)

Diffusées à la télé ouest-allemande en 1967, oubliées ensuite sur une étagère pendant deux décennies, les images du pianiste Thelonious Monk qui forment l’ossature de Straight, No Chaser étaient, selon le producteur Bruce Weber qui avait mis la main dessus, « l’équivalent jazz des Manuscrits de la mer Morte ». Réasse...
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