Peut-on interdire les steaks végétaux mais autoriser le vinaigre animal?

Jean-Marc Proust - Slate FR - 24/04
S'il s'agit vraiment de protéger les consommateurs, il y a pas mal de pistes à explorer.

Le «steak végétal» fait peur. Une loi et deux décrets: depuis 2018, le gouvernement tente de l'interdire, ou plutôt d'interdire sa commercialisation sous ce terme. Or, par deux fois, les décrets d'interdiction ont été retoqués par le Conseil d'État. Lequel a saisi la Cour de justice européenne pour vérifier la compatibilité du décret avec le règlement du 25 octobre 2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires et éviter ainsi au gouvernement de continuer à pédaler dans la choucroute.

Est-il à ce point important d'interdire d'associer steak, saucisse ou bacon à l'adjectif végétal? Faut-il codifier strictement chacun des produits que nous mettons dans notre assiette?

Ces colonnes se sont déjà fait l'écho des multiples dénominations «trompeuses», des noix de jambon au pied de mouton, en passant par le fromage de tête. Autant d'exceptions ou d'inventions qui montrent que la créativité d'une langue et le plaisir de l'assiette ne se plieront pas à un absurde arsenal juridique. Personnellement, je confonds rarement l'huile d'olive avec l'huile de coude ou celle utilisée pour la vidange. Réserver des termes à certains produits d'origine animale revient à figer artificiellement la langue et l'on sait que ce combat est perdu d'avance.

Le mot steak appartient à tout le monde, même aux vegans

Autre argument, entendu fréquemment dans les conversations de bistro ou les repas de famille: mais pourquoi ces vegans veulent-ils absolument parler...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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