Interview exclusive de Jean-Louis Étienne sur son expédition Polar Pod en Antarctique

Fidji Berio - Futura Sciences - 13/09
Le médecin-explorateur et aventurier Jean-Louis Étienne donne des détails sur la prochaine expédition de son invention, le Polar Pod. Un vaisseau vertical sera en orbite dans l'Océan Austral...

Le médecin-explorateur et aventurier Jean-Louis Étienne donne des détails sur la prochaine expédition de son invention, le Polar Pod. Un vaisseau vertical sera en orbite dans l'Océan Austral pendant trois ans, en quête de données inédites, parmi des vagues de 20 mètres et à la recherche du calmar colossal...

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Jean-Louis Étienne interviendra au cours de l'événement Maddy Keynote au sujet du Polar Pod le 14 septembre, entre 13 h 30 et 13 h 50.

Tout d'abord, comment vous avez eu l’idée de cette expédition ?

Jean-Louis Étienne : Ce qui fait l'originalité de ce projet, et qui m'en a donné l'idée, c'est que les publications sur cet océan se terminent par la même phrase : « On a besoin de mesures in situ de longue durée ». Il y a un manque de connaissance de cet océan. Le défi est : comment rester sur cet océan de tempêtes dans de bonnes conditions de sécurité et de confort ? Je suis autant intéressé par la technologie que par la science, je suis un bâtisseur et, avec le bureau d’architecture navale Ship ST de Lorient, nous avons conçu le Polar Pod.

Vous faudra-t-il une préparation physique particulière pour embarquer à bord du Polar Pod ? Les conditions météo sur l'océan Austral sont souvent très éprouvantes.

Jean-Louis Étienne : Pas vraiment, c'est un vaisseau beaucoup plus confortable qu'un bateau ! Grâce aux 80 mètres de tirant d'eau, on sera pris dans des eaux profondes, stables. À la surface, on a un treillis, ça n'a pas la surface d'un bateau et les vagues passent à travers.

Participerez-vous à l'expédition ?

Jean-Louis Étienne : Bien sûr, surtout au début sur l'Indien pour regarder comment ça marche car cela fait longtemps que j'y réfléchis. Je suis l'inventeur de l'histoire, je suis l'entrepreneur qui la rend possible et j'assume la logistique. J'aimerais faire deux mois sur chaque océan (le courant circumpolaire Antarctique relie les eaux des océans Atlantique, Indien et Pacifique, ndlr).

Pouvez-vous rappeler quels sont les quatre axes de recherche de l'expédition ?

Jean-Louis Étienne : Cette campagne océanographique est une rare opportunité pour faire un large éventail d'observations, de prélèvements, de mesures au long cours sur un océan encore mal connu. Le premier axe concerne les échanges entre l'atmosphère et l'océan car l'océan Austral est le principal puits de carbone océanique de la Planète, il absorbe la moitié du CO2 absorbé par l'ensemble des océans car ses eaux sont froides et agitées.

On ne connaît pourtant pas bien sa performance et avec le Polar Pod, nous allons la mesurer précisément en continu pendant trois ans, c'est-à-dire pendant les deux tours de l'Antarctique. Le deuxième axe concerne l'inventaire de la faune par acoustique, active et passive, notamment les mammifères marins, les bancs de krill.

L'océan Austral est le principal puits de carbone océanique de la Planète

Il y a une interrogation, est-ce que les manchots ont une signature sonore ? Certains disent qu'ils ont réussi à capter des manchots et nous allons essayer de le vérifier. Sur la durée, on pourra certainement entendre des sons qu'on ne connaît pas. Le troisième axe de recherche concerne la calibration et la validation des mesures satellite sur les paramètres météo comme les directions et force du vent et des vagues et aussi la couleur de l'océan en lien avec les espèces phytoplanctoniques. Le quatrième axe permettra de mesurer l'impact anthropique par l'analyse des microplastiques, des composés organochlorés et des métaux lourds dans d'eau de mer.

Qu'en sera-t-il de la recherche du calmar colossal ?

Jean-Louis Étienne : C'est un aspect sur lequ...
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