Iran, Israël, Hamas: le Moyen-Orient au bord de l'embrasement régional

Phénix - Slate FR - 18/04
Les récentes attaques échangées par Israël et l'Iran laissent craindre une sérieuse escalade dans les tensions et conflits dans la région.

La guerre au Proche-Orient, commencée avec l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre, se joue à deux niveaux. 1. L'offensive d'Israël à Gaza qui a causé la mort de plus de 33.000 Palestiniens, dont environ un quart des militants de la branche armée du Hamas. 2. Le travail de sape des «proxys» de l'Iran, à savoir le Hezbollah libanais (qui envoie régulièrement des roquettes sur le nord d'Israël), les rebelles yéménites houthis (qui attaquent les navires de commerce en route vers le canal de Suez) et les brigades chiites irakiennes (promptes à attaquer les bases américaines).

Mais la destruction du consulat iranien en Syrie, à Damas, le 1er avril par Israël et la réponse de l'Iran, dans la nuit du 13 au 14 avril, viennent d'enclencher une nouvelle phase, beaucoup plus incertaine, qui pourrait conduire le Moyen-Orient à un conflit généralisé.

Que s'est-il passé? 

Depuis maintenant plus de six mois, Israël se bat sur plusieurs fronts. L'État hébreu veut éradiquer le Hamas et libérer les quelque 130 otages (vivants ou morts) encore détenus dans la bande de Gaza. Il cherche également à contenir tout risque d'embrasement en Cisjordanie et prévenir toute attaque massive du Hezbollah dans le nord du pays. Si Israël prend garde à ne pas se lancer dans une autre guerre avec le Hezbollah, le mouvement chiite, considéré comme terroriste, ne souhaite pas plus s'engager dans un conflit généralisé avec l'État hébreu. De loin le mieux armé et professionnel des «proxys» de l'Iran, Téhéran le garde en réserve pour dissuader Israël de toute tentative d'attaque sur son territoire.

En revanche, en Syrie, l'État hébreu a renouvelé ses bombardements sur des positions occupées par les milices chiites et des assassinats ciblés sur des commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne. Pour le régime de Téhéran, l'attaque contre son consulat de Damas est la goutte d'e...
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