Ce docu choc avec Marion Séclin montre que les femmes ne sont pas en sécurité sur Internet

Albane Guichard - Huffpost FR - 10/04
Téva diffuce ce mercredi soir le documentaire « Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique ». Le HuffPost a rencontré Marion Séclin il y a quelques mois.

CINÉMA - Musique angoissante, mise en scène saccadée, il se regarde comme un thriller, la boule au ventre. Sauf que les personnages et leurs traumatismes n’ont rien de fictif. Le documentaire Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique s’attaque au cyberharcèlement des femmes à travers le témoignage de victimes et le décryptage d’expertes. Il est diffusé à la télévision pour la première fois ce mercredi 10 avril à 21 h 00 sur Téva, après sa sortie en salles en octobre 2023.

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Les réalisatrices québécoises Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist ont suivi quatre femmes de pays et continents différents, pour illustrer les conséquences bien réelles de la misogynie en ligne. Parmi elles, la Française Marion Séclin, qui a été la cible d’une campagne virulente de cyberharcèlement en 2016 suite à la publication d’une vidéo sur le harcèlement de rue pour Madmoizelle.

« J’ai l’impression de passer ma vie à essayer de dire que j’ai vraiment vécu quelque chose de traumatisant. Mais je suis obligée de donner des chiffres et d’expliquer que j’ai eu envie de mettre fin à mes jours, parce que sinon ce n’est pas entendu », livre la comédienne et scénariste dans une interview vidéo au HuffPost.

Les chiffres, elle a arrêté de les compter au bout de deux mois et « 40 000 menaces de mort, menaces de viol, insultes et appels au suicide » publiées sous la vidéo de Madmoizelle. Le cyberharcèlement a continué pendant près de deux ans, sans jamais vraiment s’arrêter.

Impunité pour les harceleurs sur internet

Comme elle, Laura Boldrini a été victime d’un « raid », une attaque ciblée et organisée en meute sur les réseaux sociaux. L’ex-présidente de la Chambre des députés en Italie témoigne elle aussi dans le documentaire, aux côtés de l’américaine Kiah Morris, ancienne représentante de l’État du Vermont, et Laurence Gratton, harcelée dans son université au Québec.

En leur donnant la parole, Je vous salue salope montre que la prétendue frontière entre la vie en ligne et la vie réelle n’existe pas. Repli sur soi, anxiété chronique, dépression… les conséquences du cyberharcèlement sont lourdes pour les victimes, jusqu’à parfois leur coûter la vie, comme en témoigne dans le film le père de Rehtaeh Parsons, une jeune Américaine qui a mis fin à ses jours en 2013. « Tout le monde ne s’en sort pas », rappelle Marion Séclin.

Le documentaire démontre également que la violence en ligne mène souvent à de la violence physique, surtout lorsque les harceleurs sont connus des victimes. Et ces dernières ne sont pas protégées car porter plainte est compliqué. En France, le cyberharcèlement est considéré comme un délit depuis la loi du 4 août 2014. « Mais le problème, c’est de porter plainte contre un pseudonyme », explique Marion Seclin. « Les réseaux sociaux ne veulent pas donner les identités, ils veulent protéger ça ».

Les réseaux sociaux amplifient le pro...
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