Comment trois affaires européennes relatives aux droits de l’homme pourraient façonner les litiges climatiques

Gloria Dickie - Reuters - 08/04
L’inaction du gouvernement face au changement climatique viole-t-elle les droits de l’homme ?
LONDRES, 8 avril (Reuters) - L'inaction du gouvernement face au changement climatique constitue-t-elle une violation des droits de l'homme ?
C’est la question à laquelle la Cour européenne des droits de l’homme tentera pour la première fois de répondre à Strasbourg, en France, alors qu’elle statue cette semaine sur trois affaires climatiques distinctes.
Les verdicts créeront un précédent pour de futurs litiges sur la manière dont la hausse des températures affecte le droit des populations à une planète vivable.
Ce qui suit expose les enjeux.

QUELS SONT LES POURSUITES ?

Six jeunes Portugais poursuivent 32 pays européens pour avoir prétendument échoué à éviter un changement climatique catastrophique qui, selon eux, menace leur droit à la vie.
L'affaire, qualifiée par les experts de « David contre Goliath », ne demande pas de compensation financière, mais une réduction drastique des émissions par les gouvernements.
Dans le même temps, des milliers de Suissesses âgées ont affirmé que les efforts « terriblement inadéquats » de leur gouvernement pour lutter contre le réchauffement climatique les exposaient au risque de mourir pendant les vagues de chaleur.
Les avocates des femmes demandent une décision qui pourrait contraindre Berne à réduire ses émissions de dioxyde de carbone beaucoup plus rapidement que prévu.
Dans la troisième et dernière affaire, Damien Carême, ancien maire de la commune française de Grande-Synthe, conteste le refus de la France de prendre des mesures climatiques plus ambitieuses.

QUELS DROITS ONT PEUT ÊTRE VIOLÉS ?

Ce sera la première fois que la Cour européenne se prononcera sur la question de savoir si des politiques prétendument faibles en matière de changement climatique portent atteinte aux droits humains consacrés par la Convention européenne.
Les jeunes Portugais ont fait valoir que leur droit à la vie est menacé par des événements liés au changement climatique tels que les incendies de forêt, et que l’incapacité à lutter contre le changement climatique est particulièrement discriminatoire à l’égard des jeunes qui sont confrontés à la perspective d’une planète de plus en plus invivable.
Les Suissesses ont déclaré que Berne avait violé leur droit à la vie en ne réduisant pas les émissions conformément à une trajectoire qui limite le réchauffement climatique à 1,5°C (2,7°F).
Leur cas cite un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations Unies qui a révélé que les femmes et les personnes âgées étaient parmi les personnes les plus exposées au risque de décès liés à la température pendant les vagues de chaleur, et utilise les dossiers médicaux des demandeurs pour montrer leur vulnérabilité.
La candidature ...
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