Prix « Le Point » du polar européen : qui sont les finalistes ?

LePoint - 03/04
QUAIS DU POLAR. La qualité de leurs romans a provoqué chez notre jury de virulents débats. Le point commun de nos finalistes : un talent fou.

Pour paraphraser le nouveau titre du célèbre roman d'Agatha Christie, ils n'étaient pas dix, mais huit. Huit plumes très noires, repérées pour la qualité de leur style et la profondeur de leurs intrigues par le jury du prix Le Point du polar européen, composé cette année de Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel, président du Conseil supérieur des archives, écrivain (président du jury), Hannelore Cayre, écrivaine, lauréate 2017 du prix, Jacques Dupont, Le Point, Irène Frain, écrivaine, René Fregni, écrivain, Élise Lépine, Le Point, Christophe Ono-dit-Biot, Le Point, François Pirola, administrateur du festival Quais du polar.

Plongée paranoïaque dans la Russie des années 1930, portrait au vitriol, hilarant et décalé, d'un pauvre type tuant sa femme, course folle à travers la guerre d'Indochine, enquête sur le scandale du lobby de la bière complice de la traite des femmes en Afrique… Il a bien fallu en choisir un, et c'est L'affaire Bramard, de Davide Longo, qui a été couronné. Mais les sept finalistes du prix méritaient tous de gagner. Face à cette sélection, un seul crime possible : n'en lire qu'un !

Les finalistes

« Oublie que je t’ai tuée »Kenan Görgün

Ce roman, c'est un 45-tours de punk rock. Guitare, basse, batterie, chant et basta. Court, diablement séduisant et efficace. Des riffs qui claquent sec et fort. Tempo rapide, rythme binaire, pas de complications inutiles : c'est franc, malpoli, ça va droit au but. Plein de rage et de maîtrise à la fois : un chef-d'œuvre dans sa catégorie, celle des inclassables qui résistent à toutes les étiquettes. Son genre est celui du polar, dans sa veine comique et ironique. Une tradition solide, qui ne se prend pas au sérieux mais fait les choses dans les règles de l'art. Ici, il y a tout ce qu'il faut de sexe et de violence, de décors new-yorkais, de dialogues au cordeau, de personnages et de situations à vous faire mourir de rire, tendance Donald Westlake, avec l'énergie et la drôlerie d'un John Fante. Dans le jury, Hannelore Cayre, sous le charme, a cité Wilt, de Tom Sharpe, et les frères Coen. C'est vrai aussi.

Cet écrivain belge d'origine turque, qui a déjà publié un certain nombre de romans noirs dont Le Second Disciple (EquinoX, 2019), dans une veine très différente, devait avoir quelques référ...
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