Les femmes se rassemblent en cercle, discutent intensément et sans gêne, leur attention passant d'un visage animé à l'autre tandis que la conversation circule dans le groupe. Ils semblent complètement inconscients, depuis une fenêtre au-dessus de la cour où ils discutent, l’artiste Jacques Jordaens les dessine à la sanguine et à l’encre brune.
Nous sommes en 1659, à Anvers, et, selon la note griffonnée de Jordaens au bas du journal, ces soi-disant « tantes potins » discutent des « troubles » politiques locaux – peut-être de la récente grève de la guilde des peintres. "C'est un instantané de la vie quotidienne que l'on ne voit pas habituellement", explique An Van Camp, conservateur de Bruegel to Rubens: Great Flemish Drawings at Oxford's Ashmolean Museum.
Le portrait intime de la vie quotidienne de Jordaens souligne à quel point les dessins peuvent faire quelque chose de très différent des peintures soigneusement composées. Ce n’est qu’un élément remarquable dans une exposition dont les 120 chefs-d’œuvre vont des gribouillages capturant des éclats d’imagination aux pieds légers aux dessins en tant qu’œuvres d’art finies en ell...
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