L'épineuse question des Sud-Africains engagés avec l'armée d'Israël

Sophie Boutière-Damahi - Slate FR - 25/03
Le gouvernement sud-africain a annoncé qu'il allait arrêter ses citoyens qui combattent aux côtés de l'État hébreu.

«J'ai déjà publié une déclaration pour alerter ceux qui sont sud-africains et qui combattent aux côtés ou dans les forces israéliennes. Nous sommes prêts. Lorsque vous rentrerez chez vous, nous vous arrêterons.» Le 13 mars dernier, Naledi Pandor, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, annonçait la couleur. Une déclaration qui a provoqué une levée de boucliers au sein des organisations pro-sionistes du pays, qui soutiennent fortement Israël.

Le parti ANC (African National Congress), à la tête du gouvernement sud-africain depuis l'élection de Nelson Mandela en 1994, s'est imposé comme le premier défenseur des Palestiniens sur la scène internationale –notamment du fait de sa plainte déposée à la Cour internationale de justice le 29 décembre 2023, accusant Israël de «génocide» à Gaza. Mais la déclaration de Naledi Pandor s'inscrit aussi dans l'histoire du pays et de ses soldats de l'apartheid, devenus mercenaires après l'abolition du régime raciste en 1991. Elle interroge également les conséquences juridiques de l'engagement des autres binationaux au sein de l'armée israélienne.

Loading...