«Bérénice» avec Isabelle Huppert, un spectacle qui fait «hélas» déjà date

Jean-Marc Proust - Slate FR - 15/03
Dans la pièce de Racine mise en scène par Romeo Castellucci, on ne voit rien et on entend mal. Que demander de plus?

On entre dans une salle Sarah-Bernhardt envahie de fumée, au Théâtre de la Ville. La scène d'ailleurs est plongée dans ce même brouillard, les yeux clignent, on ne voit pas grand-chose. Et c'est heureux car voir serait trop convenu, vulgaire. Nous sommes ici pour davantage, pour mieux que cela.

«Il y a de l'obscurité dans cette clarté de Racine», écrit Romeo Castellucci dans sa note d'intention: «Roland Barthes parlait d'un brouillard des mots.» Dont acte. Car, oui, «il faut s'écarter de la voie pour en voir le chemin». Lumineuse exergue sombre qui rappelle à notre mémoire émue le souvenir des mots sentencieux de Titus Raffarinus: «Notre route est droite mais la pente est forte.»

Notre œil hésite: le rideau est-il levé? Dans la pénombre, des chiffres défilent, on cligne encore: ce sont les pourcentages des éléments qui composent le corps humain. Oxygène, radium, argent, potassium, phosphore, cadmium… On entend un vague bruitage, un «dzzz».

Brusquement, on distingue une statuette de chat assis. Un petit maillet automatique le frappe régulièrement, ça fait un truc genre «bing bing» et ça s'ajoute donc au «dzzz» précédent.

Rome woman show 

Je crois qu'il y a Bérénice quelque part. Comme c'est à Isabelle Huppert que revient le rôle-titre, on aimerait bien la voir mais, pour l'instant, c...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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