Surpêche, élevage intensif, pollution aux métaux lourds et aux plastiques… Le poisson est confronté à des enjeux éthiques et environnementaux sans précédent. Alors que les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons d'ici à 2050, la mise sur le marché de substituts aux produits marins semble inévitable. Pourtant, contrairement à la viande et aux produits laitiers abondamment représentés dans les supermarchés et restaurants, les poissons végétaux demeurent presque invisibles.
S'il existe quelques alternatives au saumon fumé, au thon ou au poisson pané, à base de soja, de pois ou d'algues, l'offre reste balbutiante et peine à s'imposer chez les consommateurs. «Il y a eu énormément de battage médiatique autour du bien-être animal, ce qui a énormément contribué à convaincre les consommateurs de se tourner vers la viande végétale, interprète Simon Ferniot, fondateur de la start-up Olala! (anciennement Seafood Reboot), spécialisée dans les alternatives végétales aux produits de la mer. Mais ce qu'il se passe dans les océans est beaucoup moins visible, c'est sous l'eau. Il y a probablement un retard de l'information sur la détresse de la ressource halieutique.»
Cette conscience écologique moins affirmée peut expliquer en partie le décrochage du poisson végétal par rapport aux autres substituts de protéines animales, mais des données économiques et techniques sont également à prendre en compte.
Sur le marché américain, leader en matière de viande végétale, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Alors que les alternatives aux produits de la mer représentent seulement 0,1% de la vente globale de produits marins, la viande végétale occupe déjà 1,4% du marché de la viande. Selon le Good Food Institute, un cabinet d'études sur les protéines alternatives, les ventes américaines de substituts au poisson à base de...
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